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Une plongée au-delà du mal

par Béatrice Millésime 5 juin 2009

Thomas Bishop est l’enfant d’un viol. Jusqu’à 10 ans, sa vie est faite de maltraitances infligées par sa mère et d’histoires horribles qu’elle lui raconte sur des femmes massacrées par des hommes-monstres. A 10 ans, il tue sa mère et est envoyé dans un asile de fous dont il s’échappe quinze ans plus tard. Malin, déterminé et extrêmement violent, Thomas Bishop va tuer. Des femmes essentiellement. Notamment pour venger ce père géniteur, condamné à mort après avoir clamé pendant douze ans son innocence.

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"Au-delà du mal" est un excellent polar, publié pour la première fois en France au mois d’avril, trente ans après sa sortie aux USA. On retrouve la rigueur méthodique d’Ellroy, la description sans concession du mal d’Anthony Burgess. Rien n’est laissé au hasard. Rien ni personne. Une absence de "je", une multitude de personnages dont la vie et les méandres psychologiques apportent leur pièce à l’oeuvre. Shane Stevens prend son temps. Sans nous ennuyer. Tout est subtil, finement expliqué, que ce soit la presse et ses travers, le monde politique et ses calculs, l’expertise psychiatrique et ses limites, ou le cheminement de la violence. Du travail d’orfèvre.

Shane Stevens a écrit six livres dans le plus parfait anonymat puisque son nom est un pseudonyme. Le dernier paru date de 1981. "Au-delà du mal" est pour l’instant le seul traduit en français.

« Au-delà du mal », Shane Stevens, Sonatine Editions, 758 pages, 23 euros.