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Jean-Pierre Amette annonce la couleur dès les premières pages. Il n’est pas question « de grands mots ni d’événements » dans son livre, qui n’est pas un « roman spectaculaire ». Tous les bons romans le sont-ils ? Qu’importe, le lecteur est averti et se moque d’ailleurs un peu de cet avertissement. Il a tort. Même prévenu, il est difficile d’imaginer, en ouvrant ce « Journal météorologique », un tel vide littéraire.
Voilà l’histoire d’un homme, parisien, qui loue avec une amie une maison en Bretagne, non loin d’un Ecrivain, avec un E majuscule, l’auteur semble y tenir. Les jours qui passent ont cela de particulier qu’il ne s’y passe rien.
Lorsque le narrateur se met un DVD, c’est un film de Bergman, évidemment, intellectuel oblige.
Lorsque les trois personnages échangent quelques mots, c’est pour évoquer, en toute simplicité, Stendhal ou Chateaubriand, et de toute façon, le lecteur, sans doute trop ignorant, ne connaît jamais le contenu des conversations.
Peu fourni en dialogues, donc, le livre est essentiellement une suite de descriptions au moyen de phrases souvent courtes où les verbes manquent. Les mots sont souvent pompeux, prétentieux. « Silence léger. Bruits furtifs dans une haie voisine. Lointains déferlements des vagues de la marée. Lenteur des nuages, beauté suspendue des éclaircies, pluies fugitives, brumes, voiles, halos. » Ou encore : « La baie se transforme en lac livide. Tout s’enveloppe de moiteur et de touffeur. L’immobilité des haies dans lesquelles butinent encore quelques bourdons. Les lentes ondes couleur de plomb viennent s’éteindre en suaves reflets visqueux le long des galets. » Et ainsi de suite pendant 150 pages.
« Journal météorologique », Jean-Pierre Amette, Editions des Equateurs, 16 euros.