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Un nouveau programme de prévention des déchets est en cours de finalisation par le Syndicat mixte Trigone (1) et devrait être rendu public à la rentrée. Gobelets réutilisables et compostage individuel sont deux des quinze actions de ce programme. Les autres seront dévoilées lorsque le conseil d’administration les aura validées.
Trigone est en train de passer un contrat d’objectifs avec l’Ademe (2), basé sur des critères d’évaluation pour chacune des actions retenues. L’enveloppe financière reçue en échange s’élèvera à 200 000 euros par an, sur cinq ans.
Quelles qu’elles soient, ces actions ont toutes pour but de limiter la quantité de déchets et d’optimiser le tri. C’est également dans cette optique que Trigone a créé en 2008 un groupe « exemplarité » pour inciter ses partenaires à réduire leurs déchets. Ce groupe a été créé un an après que Trigone s’est imposé cet impératif à lui-même, baissant notamment son budget papier de 40 % sur une année. Les entreprises Nataïs et Ethiquable, le conseil général et la préfecture, mais aussi Circuits et la mairie d’Auch font partie de ce groupe.
Réduire les déchets est devenu un leitmotiv national. C’est d’ailleurs pour ce faire que le Grenelle de l’environnement d’abord, et la loi de Finances 2009 ensuite, ont prévu une augmentation conséquente de la taxe sur les activités polluantes (TGAP), due par les professionnels du stockage et de l’élimination des déchets. Fixée l’an dernier à 9,15 euros la tonne enfouie, elle passe cette année à 15 euros et devrait augmenter progressivement jusqu’à atteindre les 40 euros en 2015.

Cette taxe ainsi augmentée devrait servir à abonder le budget de l’Ademe et soutenir l’investissement en faveur d’une meilleure gestion des déchets. C’est tout du moins ce qui est annoncé. « Jusqu’en 1998, la TGAP a permis de financer des actions mises en place par l’Ademe, mais à partir de 1998, la taxe est allée directement à Bercy », rappelle Jean-Christophe Vergnes, le directeur de Trigone. « On nous dit aujourd’hui que la taxe supplémentaire doit être dirigée vers l’Ademe. Nous attendons donc que celle-ci se positionne et clarifie ses modes d’actions. »
Pour le Syndicat mixte, la TGAP représentera en 2015 22 % de son budget, soit deux fois plus qu’aujourd’hui (3). « Cette hausse aura des répercussions sur notre mode de fonctionnement », poursuit Jean-Christophe Vergnes. « Il faut donc non seulement que l’on diminue les déchets à enfouir mais aussi que l’on produise moins de déchets. »
L’objectif poursuivi par le plan déchets national est de baisser de 5 kilos par habitant et par an la quantité de déchets ménagers sur cinq ans, alors que la production actuelle est de 1 kg de déchets produit chaque jour par habitant. Il est également prévu une réduction de 15 %, d’ici 2012, des déchets résiduels incinérés ou stockés.
On stocke moins, on trie plus, manifestement les 31 déchetteries existantes dans le Gers devraient suffire. « Le taux de couverture est optimisée dans la région », confirme-t-on à l’Ademe. « Il n’y a pas besoin de nouvelles déchetteries. »
Reste la question des centres d’enfouissement. Si ceux de Pavie, Moncorneil-Grazan et Le Houga (actuellement en travaux) sont pour l’heure suffisants, ils ne couvriront les besoins du Gers que jusqu’en 2014. A cette date, il faudra que d’autres centres d’enfouissement aient été trouvés. « Des zones où le risque de nuisances pour le voisinage seront faibles », précise Jérôme Samalens, le responsable communication de Trigone. Les habitants de Betcave et d’Aubiet ne sauraient être d’un avis contraire.
Les besoins en matière d’enfouissement concernent aussi bien les déchets ménagers que les déchets industriels. Concernant ces derniers, l’association « Les Amis de la Terre » en appelle à « une réflexion départementale » sur le sujet. « Un vide est à combler », souligne Martine Delmas, la présidente. « Ce serait bien d’aborder cette question avant que des sociétés privées ne s’en emparent. »
Des réflexions sont en cours pour l’aménagement des deux centres d’enfouissement de Mirande et Gondrin aujourd’hui fermés (4). Un projet d’installation de panneaux solaires photovoltaïques est notamment à l’étude sur le site de Gondrin. « Nous travaillons sur ce sujet avec Edf », indique Jean-Christophe Vergnes. « Etant une ancienne décharge, le problème est de savoir comment fixer les panneaux. »
Le programme de prévention des déchets qui sera dévoilé par Trigone à la rentrée aura un volet « énergies propres ». Le projet de Gondrin s’insert dans ce volet, de même qu’un autre projet portant sur la valorisation des trois sites en activité. Trigone aimerait en effet utiliser le biogaz issu de la décomposition des déchets pour produire de l’électricité. Cela représenterait un lourd investissement de 6 ME. A titre de comparaison, le budget d’investissement de Trigone pour toute l’année 2009 a été de 7 ME.
(1) Etablissement public créé en 1999, Trigone réunit le conseil général, la ville d’Auch et les sept Sictom (Syndicat Intercommunal de Collecte et de Traitement des Ordures Ménagères) du département. Il a obtenu la compétence déchets en 2002, et s’occupe, depuis, du traitement des déchets ménagers et assimilés.
La quantité de déchets enfouis en 2008 s’est élevée à 59 900 tonnes, soit 330 kg par habitant, et celle des déchets recyclés ou valorisés à 34 100 tonnes (dont 9200 grâce au tri) soit 118 kg par habitant, soit également une hausse de 18.7 % par rapport à 2007.
(2) Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie.
(3) Le budget de fonctionnement 2009 de Trigone est de 10 ME dont 0,91 ME au titre de la TGAP.
(4) On considère que trente années sont nécessaires pour qu’un déchet soit dégradé. Pendant toutes ces années sont récupérés le biogaz et le lixiviat, également appelé « jus de poubelles ».