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Yolande Malka a choisi de terminer sa carrière de styliste couturière de façon pour le moins originale. Après des années de travail dans le milieu de la mode féminine, elle a décidé de confectionner des habits haute couture pour chiens. Elle a lancé son activité voilà près de cinq ans à Marseille avant de s’installer trois ans plus tard dans le Gers. Elle ne quitte, plus, depuis son atelier paisible d’Aubiet où ont déjà été réalisés quelque 300 modèles.
« Je crois que je suis née avec une aiguille à la main. » D’aussi loin qu’elle se souvienne, Yolande Malka a toujours aimé la confection. Toute petite déjà, elle habillait ses poupées en créant elle-même les habits, et provoquait l’admiration de son entourage. « Je crois que cela doit être dans les gênes. La sœur de mon grand-père faisait des robes et des manteaux à la perfection. Elle ne savait ni lire ni écrire et avait un élevage de chèvres, mais elle était douée. Bien plus que moi d’ailleurs. » La grand-tante en question vivait en Corse. La région d’où est native Yolande Malka.

Née à Calvi, en 1946, Yolande Malka est arrivée à l’âge de deux ans à Nice, où elle a vécu jusqu’à sa majorité, avant de se rendre à Paris pour y travailler, une formation de styliste modéliste en poche. « J’ai commencé à vendre des croquis à Nice, j’étais très bien payée car à l’époque il n’y avait pas beaucoup d’idées. Ce fut pareil à Paris. J’ai tout de suite travaillé. On n’avait pas de problèmes à l’époque pour trouver une place. On pouvait quitter une entreprise le soir et en trouver une autre le matin. Ce n’est pas comme aujourd’hui où il y a beaucoup trop de monde. » Au début des années 80, Yolande Malka a quitté Paris pour Marseille où elle a tenu plusieurs commerces avant de se remettre à la confection. « Et puis un jour nous avons eu envie d’organiser un défilé de mode dans notre maison » explique Gael Malka, qui s’occupe de promouvoir les produits de sa femme lorsqu’il ne s’adonne pas à ses activités d’artiste peintre et de professeur. « On a terminé le défilé avec notre chienne Coquine, qui était habillée pour l’occasion. » L’accueil favorable des personnes présentes a été déterminant. « Je me suis dit, c’est ça que je veux faire. » L’idée était lancée. Ne restait plus qu’à lancer l’activité. La société Joy of a Toy, qui fait référence à la chanson du groupe Soft Machine, a été créée en 2005.
« Le plus dur au départ a été de faire du patronage. Pour nous, c’est facile, on fait une taille et puis on gradue. Mais pour les chiens, c’est autre chose, il faut faire un patron pour chaque morphologie, pour chaque race. » Plus de 300 modèles ont été créés. Des manteaux, des robes, des casquettes, des T-shirts. « J’en fais constamment. J’ai une grande liberté, je réalise ce qui me passe par la tête. Je n’ai aucune contrainte, il n’y a pas de tendances contrairement à la mode féminine ou masculine. » Yolande Malka a déjà habillé de nombreuses races, du chihuahua au dog allemand. Plusieurs défilés ont également été organisés, dont l’un dernièrement, en Suisse. Yolande Malka reste en général dans sa maison d’Aubiet, achetée par hasard voilà deux ans au détour d’une annonce dans la presse nationale. C’est là où elle se sent le mieux. « On entend parfois des critiques lors de défilés, ce n’est pas que je les refuse mais certaines sont vraiment vindicatives. Alors je préfère que ce soit Gaël qui se charge de la représentation. Il fait le tampon. »

Les critiques ne pouvaient en effet manquer devant une telle activité. « Mais en général, nous sommes bien accueillis » ajoute Yolande Malka. « Tout ce que je fais est sur mesure, contrairement à ce que l’on voit dans certains magasins où les produits sont fabriqués à la chaîne en Asie. On voit que le chien est à l’aise lorsqu’il porte mes habits. On voit même un changement d’attitude chez lui. Lors de son premier défilé, notre chienne prenait presque la pose. C’est ça qui m’a décidé. Je n’aime pas que les chiens soient ridiculisés. »
Tissus achetés dans les ateliers de haute couture, soie, dentelle de Valenciennes, Yolande Malka ne rechigne pas à acheter de la qualité. Un manteau se paie entre 69 et 172 euros, une robe entre 42 et 73 euros… La clientèle est nationale, mais aussi européenne. Des commandes arrivent de Belgique, d’Angleterre. Les Malka rêvent de pénétrer le Japon « où un chien ne sort jamais nu » et les Etats-Unis, mais ils attendent pour cela que l’euro soit moins fort.