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La famille Abizanda a repris voilà huit ans le Relais 124, sur la commune de Marsan. Eloigné de la route, très peu mis en avant par des affiches publicitaires, le restaurant est pourtant connu bien au-delà du Gers, et sa clientèle est essentiellement de passage. Normal lorsque l’on s’adresse prioritairement aux chauffeurs routiers.
Le Relais 124 surplombe la route nationale éponyme sans pour autant être visible de cet axe. Le trouver, c’est le connaître ou bien être informé de son existence. Peu de publicités, une seule inscription sur un guide à destination des chauffeurs routiers, le restaurant a une clientèle composée à 80 % d’habitués. « Je ne pourrais pas dire depuis combien de temps, mais cela fait longtemps que le Relais existe », explique Eric Abizanda, co-gérant. « Notre clientèle est une clientèle de fidèles. »

Fréquenté par des chauffeurs routiers venant de la Région, mais aussi d’Espagne, de Belgique ou des Pays-Bas, le Relais 124 travaille au rythme des chiffres d’affaires. « Et depuis huit ans, nous constatons une baisse de l’activité. Le travail manque dans le transport, les camions qui roulent sont moins nombreux. » La famille Abizanda reste confiante néanmoins. Ce qui l’interpelle davantage, c’est la mise en service d’une double voie entre Gimont et Auch. « Pour l’instant, nous pouvons signaler notre établissement de parts et d’autres de la voie rapide, car cela nous est interdit sur une telle voie. Mais lorsque la voie ne sera que rapide entre Léguevin et Auch, comment ferons-nous ? » Autre sujet d’inquiétude : le rond-point d’Aubiet. « On nous dit qu’il va sauter. Comment feront les camions pour venir jusque chez nous si cela est vrai ? » D’autant que la famille Abizanda table sur une plus grande circulation des poids lourds sur la route nationale à l’horizon 2009. « Actuellement, beaucoup de chauffeurs passent par Toulouse et Saint-Gaudens pour aller à Tarbes. Demain, avec la déviation de Léguevin, ils prendront la 124. La circulation entre Toulouse et Auch va augmenter, c’est évident. »
Au départ, la RN 124 passait devant le Relais. Et puis elle s’en est éloignée avec la réalisation de la déviation d’Aubiet. Cela n’a pas dérangé les gérants, bien au contraire. « Cette déviation nous a apporté beaucoup en terme de sécurité » explique Eric Abizanda. « C’était très dangereux pour les camions. Et puis, nous avons gagné en tranquillité. » Evidemment, la clientèle qui venait par hasard en circulant sur la RN, ne vient plus. Mais comme elle composait un pourcentage infime de la clientèle du Relais, cela n’est pas si grave.
La clientèle gersoise qui se rend au Relais le fait en général pour des occasions bien précises : baptêmes, soirées à thème. « Lorsque nous organisons de telles soirées, l’été par exemple, nous recevons jusqu’à cent personnes. Une trentaine seulement sont des chauffeurs routiers. » Et la cuisine ? Le prix des repas est de 12,50 euros pour un buffet à volonté, un plat, du fromage, un dessert, du vin et du café. « Et la cuisine est de qualité » lance Eric Abizanda. « Mon frère s’en occupe. Il travaillait avant dans un gastro. »