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Le colloque organisé par l’association Euro 21 (*) à Auch ce lundi 1er décembre avait pour objectif de maintenir la pression sur les pouvoirs publics afin de doubler la RN 21 entre Limoges et les Pyrénées et y réaliser en lieu et place une autoroute payante. Ce colloque s’est tenu en présence des CCI concernées par le projet et d’une centaine de participants parmi lesquels le maire d’Auch, Franck Montaugé et le sénateur Aymeri de Montesquiou. Ce dernier a exhorté tous les élus à se mobiliser pour ce projet routier qui devrait être un vecteur de développement économique et touristique.
Cet appel aux élus n’a pas échappé au président du conseil général, qui n’a que très moyennement apprécié de n’être pas convié aux tables-rondes. « Alors que la présidente du conseil général des Hautes-Pyrénées l’était. » Il ne s’est d’ailleurs pas privé de le dire aux organisateurs, devant lesquels il a improvisé un discours. « Je n’étais pas prévu dans le programme mais sachez que j’approuve votre démarche » leur a-t-il lancé. « Pour le président que je suis, ma venue impromptue est une démarche d’encouragement. Mais ces travaux n’auront de sens que si nous ne masquons pas les difficultés auxquelles nous sommes confrontés. » Philippe Martin a évoqué les interrogations des collectivités locales sur le financement de la RN 124, et indiqué que sa « priorité actuelle est d’abord celle-là ». De plus, dans le contexte du Grenelle de l’environnement, l’élu a dit n’être « pas certain que votre combat, auquel j’apporte mon soutien, corresponde à la philosophie du gouvernement en terme d’infrastructures routières ».
Dans son discours de clôture, le préfet du Gers ne devait pas dire autre chose. « Le Grenelle de l’Environnement conduit à réexaminer toute la planification des infrastructures de transport avec la remise en cause de certains projets et la volonté de maîtriser le trafic routier », a rappelé Denis Conus. « La politique routière doit répondre aux besoins de l’économie et également se conformer à la politique environnementale. La RN 21, comme toutes les autres infrastructures, s’inscrit dans cette perspective. »
Le chantier que les CCI appellent de leur vœu n’est donc pas un chantier facile. Le président de l’association Euro 21, Jean-Claude Pouxviel, l’a reconnu en ouverture de colloque. « La route sera longue pour arriver au bout de ce projet qui n’est pas dans les cartons du gouvernement. C’est pourquoi il faut que l’ensemble des forces économiques mettent la pression sur les politiques. »
Car même si, pour les CCI, il n’est pas question de solliciter financièrement l’Etat mais de faire appel à une entreprise privée, rien ne se fera sans l’aval de l’Etat. C’est en effet lui qui doit saisir la Commission nationale du débat public pour que les études et enquêtes d’utilité publique soient menées. Il faut au moins deux ans pour venir à bout de cette première étape. En moyenne, et si tout se passe bien, il faut compter au minimum dix ans entre le moment où l’Etat donne son feu vert à un projet et le moment où celui-ci est mis en service.
Rien ne dit à ce stade du projet que l’Etat y est favorable. Pour l’instant, le secrétaire d’Etat aux Transports Dominique Bussereau a reçu les présidents de CCI et, selon eux, il a « bien compris la complémentarité entre la traversée des Pyrénées et la RN 21 ».
L’idée des chambres de commerce est de transformer cette route nationale en autoroute à péage sur tout son tracé, de Limoges aux Pyrénées. Il faudra pour cela que « l’Etat désigne un concessionnaire qui lancera un emprunt obligataire qu’il financera sur ses deniers privés. »
Les services de l’Etat indiquent pour leur part que rien n’est jamais sûr en matière de financement. Tant que les études ne sont pas faites, il est, selon eux, impossible de dire si un projet coûtera quelque chose ou pas à l’Etat. C’est uniquement lorsque la phase d’enquête publique est achevée et les appels d’offres lancés que l’on peut estimer si une opération sera ou non déficitaire et si des subventions doivent être accordées.
En d’autres termes, les CCI n’en ont pas fini avec leur travail de lobbying.
(*) L’association EURO 21 rassemble les CCI de la Haute-Vienne, de l’Aquitaine et de Midi-Pyrénées situées sur l’axe RN 21 et associe à ses actions les CCI espagnoles d’Huesca et d’Aragon.