Le financement de la RN 124 pose questions

par Béatrice Millésime 29 juin 2009

Les élus ne le conçoivent pas de gaieté de cœur mais il en va, disent-ils, de l’avenir économique du Gers : les collectivités territoriales vont devoir beaucoup investir dans la mise en deux fois deux voies de la RN 124 à l’est d’Auch. Réunis en séance lundi 29 juin, les élus départementaux ont tous convenu de l’impérative nécessité de mettre un terme à des années de tergiversations autour de la 124. Il est hors de question, selon eux, de renouveler l’erreur faite il y a vingt-cinq ans, lorsque l’assemblée départementale refusait de mettre un centime sur les routes nationales. Alors oui, les collectivités investiront les sommes que l’Etat n’aura pas dépensé… mais elles tenteront au préalable d’infléchir sa décision.

Le temps des négociations

Une réunion est prévue prochainement entre Philippe Martin et le préfet de région, Dominique Bur. Le plan de financement et le calendrier des opérations à mener sur la RN 124 seront débattus à cette occasion. L’Etat a dernièrement annoncé qu’il était disposé à financer les travaux à hauteur de 45 %, soit environ 96 ME. Changera-t-il d’avis sous la pression des élus ? Rien n’est moins sûr. En mai dernier, la préfecture de région dévoilait le montant qu’il comptait affecter aux routes nationales en Midi-Pyrénées d’ici à 2014. Il était alors avancé que la RN 124 se partage une enveloppe de 201,9 ME avec cinq autres opérations. Si l’on en croit les annonces récentes, la moitié de cette enveloppe serait affectée au Gers. L’Etat décidera-t-il d’une rallonge budgétaire ?

« La première chose que nous ayons à faire est d’obtenir mieux » a soutenu en séance Philippe Martin. « Les choses ont déjà beaucoup avancé, mais elles peuvent encore progresser. » Un optimisme partagé par le conseiller général et sénateur Aymeri de Montesquiou. L’élu, qui a déjà plaidé à plusieurs reprises la cause du désenclavement du Gers auprès de Jean-Louis Borloo, espère « que l’égalité des chances des territoires ne sera pas qu’un slogan ». Il est encore possible, selon lui, « d’obtenir plus de l’Etat. »

Il est vrai que c’est à force de ténacité, et d’un zeste de chantage, que le président du conseil régional a obtenu de l’Etat qu’il participe, à hauteur de 100 ME, au financement du plan rail régional. En échange, la Région a accepté de mettre au pot pour financer les routes. Un budget routier de 200 ME a été voté le 25 juin pour l’ensemble de la région. D’après Philippe Martin, la Région serait prête à participer à hauteur de 33 % aux travaux sur la RN 124. Avec les 45 % de l’Etat, cela signifierait qu’il resterait 22 % à financer par le conseil général et les collectivités locales, soit 47 ME.

Déjà beaucoup de retard

Ce montant de 47 ME représente trois à quatre années de budget routier départemental, il ne pourra donc être financé en totalité par le conseil général. La ville d’Auch sera sollicitée, de même que les communautés de communes situées le long de la RN 124. Pour financer ce qui sera à sa charge, le département envisage de faire un emprunt.

Si aucun retard n’est à déplorer, la mise en deux fois deux voies de la RN 124 entre Auch et Toulouse prendra fin vers 2019, soit vingt-cinq ans après le lancement du projet. La déviation de L’Isle-Jourdain a été mise en service en 2000, celle d’Aubiet en 2003, et celle de Léguevin le sera le 7 juillet avec trois ans de retard par rapport au calendrier initial. Cette dernière déviation aura coûté 77 ME.

Les 215 ME qu’il reste à financer pour finir les travaux jusqu’à Auch concernent la déviation de Gimont (95 ME), la mise en deux fois deux voies entre Gimont et L’Isle-Jourdain (80 ME) et la portion entre Auch et Aubiet (65 ME). Cette dernière est la seule à être lancée. 20 ME lui ont déjà été affectés, et sur les 40 ME restant, l’Etat s’est engagé sur 4 ME et doit en débloquer 8 ME de plus, le Département s’est dit prêt à débourser 3 ME et la Région devrait faire de même. 22 ME restent à trouver.



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