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Lancé en 2005, suite à la signature de promesses de bail et de vente entre deux familles d’agriculteurs et la société orangeoise Delta Déchets, le projet de décharge sur la commune d’Aubiet pourrait connaître un tournant voire un épilogue le 8 juillet prochain. C’est en effet à cette date que le TGI d’Auch rendra son jugement sur le différend qui oppose l’une des deux familles signataires, une partie de cette famille étant opposée au projet.
D’après l’association Verts Vallons Vivants 32 qui milite depuis 2005 contre la réalisation de cette décharge, la société Delta Déchets aurait fait part au juge de sa lassitude face à un projet qui traîne en longueur.
« Si le juge casse la signature, on ne risquerait plus rien car la promesse de bail ne serait plus valable » espère Vincent Labédan, co-président de VVV32. « L’autre promesse, de vente, est suspendue à toute cette histoire. Mais si le juge ne casse pas, le projet nous pend au nez. » Pour l’instant, aucun dossier de demande d´autorisation d´exploitation n’a été déposé en préfecture. Défavorable au projet, la mairie d’Aubiet travaille de son côté à l’élaboration d’un PLU, un plan local d’urbanisme, afin d’éviter que d’autres projets viennent, à l’avenir, perturber la vie locale.
Le projet de décharge porte sur les déchets ménagers, plus précisément les déchets dits ultimes (*). Les deux terrains convoités par Delta Déchets ont une surface globale de 180 ha. « Le but est d’y enfouir 120 000 tonnes par an », soit deux fois plus que ce qui est enfoui aujourd’hui dans le Gers. « Ce qui voudrait dire récupérer des déchets d’autres départements », constate Vincent Labédan. Et d’ajouter : « Une décharge entraîne des nuisances importantes. Des odeurs sur 1 ou 2 kilomètres, des prédateurs, du trafic routier et de la pollution au lixiviat (jus de poubelles, ndlr). »
(*) D’après la définition qu’en donne la préfecture, un déchet ultime est « un déchet ménager ou assimilé non valorisable ou recyclable après mise en place de la collecte sélective (plastiques, papiers, cartons et métal) et d’un réseau adapté de déchetteries (…) L’appréciation du caractère "ultime" des déchets, ne peut donc se restreindre à la nature des déchets entrant dans les décharges, mais doit tenir compte du système global de collecte et de traitement présent sur le département. »
Lire également l’article sur la création d’une commission de travail sur l’avenir des déchets dans le Gers.