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De père en fils. C’est ainsi que se transmet l’Imprimerie du Prieuré, à Auch. Près de 32 ans après avoir intégré l’entreprise achetée en 1970 par son père, Yves Maffre passe aujourd’hui progressivement la main à son fils, Stéphan, âgé de 23 ans. Une nouvelle étape pour l’entreprise, qui a également pour projet de quitter en 2010 la ZI de l’Hippodrome pour la zone du Mouliot.
« Je vis aujourd’hui avec Stéphan ce que mon père a vécu avec moi il y a plus de trente ans. Cela me fait tout drôle. » Yves Maffre est heureux et fier que son fils ait fait le choix de prendre la suite de l’Imprimerie du Prieuré. Entré en 2003, ce dernier a d’abord appris les facettes du métier avant de prendre en charge le suivi de fabrication et occuper le poste de deviseur. Stéphan Maffre a mouillé la chemise, comme on dit, et fait gagner de nouveaux marchés à l’entreprise dès la première année. « Je le vois aujourd’hui se donner à fond, et cela m’inquiète un peu » indique Yves Maffre. « Il prend le même chemin que moi. J’ai travaillé pendant vingt-cinq ans de 5 heures du matin à 21 heures, du lundi au dimanche midi. » Jusqu’à ce jour de juillet 2007 où un accident vasculaire cérébral est venu tirer la sonnette d’alarme.
Yves Maffre a eu le déclic alors qu’il avait 14 ans. « Je suis tombé fou amoureux de l’imprimerie », explique-t-il. Quatre ans plus tard, « le 27 juin 1977 exactement », il quittait l’école et rejoignait son père et ses deux sœurs qui travaillaient déjà dans l’entreprise. Quelques jours plus tard, Auch subissait de spectaculaires inondations. L’entreprise n’étant pas située comme aujourd’hui ZI de l’Hippodrome, mais boulevard Sadi Carnot, « il y a eu trois mètres d’eau dans les locaux. Il a fallu que l’on parte par les toits. Mon père a bien failli mourir ce jour-là. On a tout perdu, l’équivalent de 40 000 euros de matériel. A l’époque, les assurances pour catastrophes naturelles n’existaient pas. » Alors la famille Maffre s’est retroussée les manches.
Photocopieurs, machines d’impression offset de bureau, ordinateurs pour la PAO, imprimantes laser ou dernièrement une offset 4 couleurs, les investissements ont été nombreux. Si au début des années soixante-dix, l’entreprise faisait les maquettes à la main et avait beaucoup d’architectes comme clients, pour qui elle tirait des plans, elle a, au fil des investissements, diversifié sa clientèle. « En investissant sur la PAO, au milieu des années quatre-vingt, on a fait ce que les autres ne faisaient pas encore et on a explosé. On a pris de réelles parts de marché », se souvient Yves Maffre. « C’est vrai qu’il y a eu un moment où la technologie nous a rattrapé, et cela n’a pas été facile pendant deux-trois ans. Et puis, à partir de 89, c’est reparti. » Le déménagement vers la ZI de l’Hippodrome, en 1998, a également coïncidé avec la prise de nouvelles parts de marché.
L’entreprise achètera d’ici six mois un terrain de 6000 m2, zone du Mouliot, en vue de s’y installer en 2010. Elle y construira un bâtiment de 1000 m2 « entièrement écologique », souligne Yves Maffre, avec panneaux solaires, matériaux écologiques, etc. Cette construction s’inscrira dans la continuité de ce que fait l’imprimerie depuis plusieurs années en faveur de l’environnement. Certifiée Relais Propre Artisanal par la chambre des métiers depuis 2006, elle a également obtenu le label Imprim’Vert pour la bonne gestion de ses déchets.
L’imprimerie emploie 9 personnes et a enregistré un chiffre d’affaires d’1 ME en 2008. La progression de l’activité est constante depuis les années quatre-vingt, entre 5 et 10 % par an, bien que le secteur soit très concurrentiel. « Internet est une grosse concurrence pour nous. Les sociétés qui proposent des prestations traitent avec des imprimeries qui travaillent en trois-huit, à des prix très bas. Et puis il y a les grosses imprimeries qui ont décidé de se délocaliser. » Résultats : les prix ont chuté de 31 % en l’espace de trois ans. Yves Maffre attend beaucoup des mesures prises dernièrement par l’Etat. Il est en effet prévu dans le plan de relance de l’économie de revoir à la hausse le seuil des appels d’offres, et de permettre aux collectivités publiques de traiter, de gré à gré avec des fournisseurs locaux, des marchés jusqu’à 20 000 euros (au lieu de 4000 euros jusqu’à présent).
« Lorsque j’ai débuté dans le métier, il y avait 12 000 imprimeurs en France » souligne Yves Maffre. « Nous sommes 7000 aujourd’hui, et d’après le Syndicat des imprimeurs, il n’y aura plus que 4000 imprimeries dans cinq ans. » Alors, la jeunesse et le dynamisme de Stéphan ne seront pas de trop. « Le fait qu’il prenne le relais, qu’il reste dans le département, c’est évidemment beaucoup d’espoir. »
En plus d’investir dans l’immobilier et le matériel, l’entreprise va investir dans les hommes. Elle est en train de recruter une infographiste qui travaillait jusqu’ici à l’imprimerie Bouquet, et un commercial. Ce sera le premier commercial jamais embauché par l’entreprise.