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Après Saint-Clar et Miradoux, un projet de centrale photovoltaïque vient d’obtenir son permis de construire à Valence-sur-Baïse et un autre est en cours d’instruction à Montréal-du-Gers. Alors que de nombreuses questions se posent sur l’avenir du photovoltaïque, les sociétés spécialisées en énergie solaire n’en finissent pas de prospecter. Dernier projet en date : celui mené par la société Winch Energy à Durban. S’il aboutit, ce projet d’installation de panneaux sur 60 ha sera le plus grand du département.
Premier projet au sol à avoir obtenu, en juin 2008, un permis de construire (dans le Gers mais également en Midi-Pyrénées), la centrale photovoltaïque de Miradoux verra le jour à la fin de l’année. D’une surface de 19 ha et d’une puissance de 7,9 mégawatts-crête (1), elle nécessitera l’installation de 34 000 panneaux. Le projet est porté par Cegelec et la Caisse des Dépôts. Trois ans auront été nécessaires pour le mener à bien. Les travaux débuteront d’ici la fin du premier semestre 2010, une fois que les riverains auront été informés du déroulement du chantier.
La société Cegelec a également travaillé sur un projet de ferme photovoltaïque à Valence-sur-Baïse. Ce projet de 23 ha vient d’obtenir son permis de construire. Des recours sont encore possibles jusqu’en février, mais « pour l’instant, personne ne s’est prononcé contre », indique le maire de Valence, Paul Capéran, également propriétaire - avec un voisin - des terres sur lesquelles sera construite la ferme. Le branchement EDF est en cours. Il devrait être terminé d’ici deux mois. Les travaux pourraient débuter cet été et la ferme devrait être opérationnelle avant la fin de l’année. Paul Capéran se targue d’avoir été l’un des premiers agriculteurs dans le département à saisir l’opportunité du photovoltaïque. « Lorsque l’on n’arrive pas à vendre ses terres, lorsque l’on ne fait pas de gros bénéfices avec son exploitation, il faut trouver les moyens de subvenir », indique-t-il.
La société Solarezo, qui réalise la centrale de Saint-Clar, travaille également sur deux autres projets, à Ordan-Larroque et Montréal-du-Gers. Le maire de cette commune, Gérard Bézerra, n’a pas fait opposition au projet. « La société a demandé mon avis, je leur ai indiqué que je n’avais ni à être contre ni pour », souligne-t-il. « Il y a suffisamment de gens compétents pour savoir ce qu’il faut faire. Ce sont aux services de l’Etat de se prononcer sur le permis de construire. » Un permis actuellement en cours d’instruction. Le projet dépasse les 20 ha.
Quant à Montégut, c’est la société Neoen, du groupe Direct Energie, qui porte un projet de centrale d’environ 6 mégawatts-crête. La société a déposé un document d’urbanisme à la mairie qui l’a transmis pour instruction à la DDEA. Le terrain que souhaite louer Neoen est une ancienne carrière de 17 ha. La centrale serait installée sur 10 d’entre eux et le reste serait boisé. Le projet pourrait aboutir d’ici deux ans.

Parmi tous les projets menés dans le département, le plus ambitieux est de loin celui de la société Winch Energy à Durban. Cette société, présente dans le sud-est de la France, prospecte depuis des mois dans le Sud-Ouest, et s’est intéressée à deux terrains agricoles d’une surface globale de 60 ha. Contactés par la société, deux agriculteurs ont décidé de louer leurs terres pour une période de 20 ans et pour la somme de 1200 euros (environ) par hectare et par an. La mairie a été contactée fin novembre par la société, afin qu’elle donne son avis. Réticents, les élus consulteront les administrés le 19 janvier (2), si le tribunal administratif leur en donne la possibilité. Le préfet du Gers a en effet saisi ce dernier, indiquant que l’implantation de champs photovoltaïques au sol relevait de la compétence de l’Etat. « Je trouve cela étrange », a réagi le maire de Durban « car il ne s’agit en aucun cas d’un référendum. » Le tribunal devrait se prononcer rapidement (3).
Quoiqu’il en soit, les élus se disent opposés à un projet photovoltaïque de grande envergure, peu désireux de voir les terres agricoles se transformer en panneaux solaires. « Il s’agit en premier lieu de terres agricoles remembrées, nous avons fait un effort pour les regrouper » explique Alain Ribolleda, le maire de Durban. « Ensuite, nous nous interrogeons sur le développement du photovoltaïque. Lorsque l’on regarde ce que prévoit le Grenelle de l’environnement, on constate que la part de l’électricité photovoltaïque restera restreinte par rapport aux énergies renouvelables, et que la puissance à installer pour atteindre les objectifs sera de 5000 mégawatts-crête sur le territoire national. Que restera-t-il pour les particuliers qui souhaitent installer des panneaux sur les toits si des projets comme celui de Winch Energy se multiplient ? » La puissance atteinte par le projet de Winch Energy serait situé entre 20 et 25 mégawatts-crête.
Les élus de Durban s’interrogent également sur les nuisances, notamment sonores, d’un tel parc et sur la nécessité, que ce dernier impose, de construire une ligne à haute tension entre Durban et Pavie. Sur ces deux points, la société Winch Energy se veut rassurante. « Nous l’avons dit plusieurs fois, il n’y a aucune nuisance, ni auditive ni visuelle, toutes les installations sont entourées d’une barrière végétale de 3 m de haut, ni pour le sol », souligne Diane Del Alamo, responsable du développement de Winch Energy dans le Sud-Ouest. La responsable assure par ailleurs que « la ligne haute tension serait enterrée et financée par Winch Energy ». Elle ajoute enfin qu’un dépôt serait fait en banque pour couvrir les frais de démantèlement de la centrale, prévus normalement au bout de 25 ans, si la société fait face à des difficultés financières d’ici là. « Il faut avoir les épaules solides si l’entreprise dépose le bilan. »
Comment réagira la société si la commune de Durban s’oppose au projet ? « Nous ne savons pas à ce stade s’il y aura ou non consultation. De toute manière, nous ne savons jamais lorsqu’un projet aboutira et nous ne nous mettons pas de limites. Nous prospectons, nous faisons fonctionner le bouche à oreille. » La société sait de toute manière que les délais sont excessivement longs pour monter un projet photovoltaïque au sol. Entre 18 mois et trois ans.
(1) On estime, dans le Sud-Ouest qu’un panneau d’1 kw-c produit entre 1100 et 1200 kwh.
(2) Durban recense 170 habitants et 136 électeurs.
(3) La consultation n’a pu être organisée. Le conseil municipal s’est prononcé contre le projet.