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L’inauguration de la déviation de Léguevin, en septembre, a été l’occasion pour l’Etat, la Région et le conseil général de rendre public l’accord qu’ils avaient conclu pour le financement des derniers travaux de mise en deux fois deux voies de la RN 124 à l’est d’Auch. Une participation financière des communautés de communes a également été annoncée de même qu’un calendrier. La déviation de Gimont devrait être achevée en 2015 et le tronçon entre Gimont et L’Isle-Jourdain en 2017. Rencontre avec le maire de Gimont et président de la communauté de communes Arrats-Gimone, Pierre Duffaut.
Route 124 : Déviation de Gimont, mise en deux fois deux voies entre Gimont et L’Isle-Jourdain, quelle va être exactement la participation financière de la communauté de communes Arrats-Gimone ?
Pierre Duffaut : D’abord, je voudrais dire que l’annonce du budget à la presse a été mal ressentie ici. Dans le sens où ce sont les membres du conseil communautaire qui prennent une telle décision et non le président. Nous avons donné à l’époque un accord de principe et le conseil communautaire a délibéré ce mardi 13 octobre pour dire qu’il était effectivement d’accord sur le principe mais il n’a aucunement délibéré sur un montant.
N’est-il pas d’accord sur le montant ?
Il y a eu une validation de l’Etat et du conseil général sur le montant financier et le conseil général a sollicité les communautés de communes sur la RN 124 entre Auch et la Haute-Garonne. Lorsqu’on nous a parlé d’un financement des quatre communautés de communes du Grand Auch, de la Save Lisloise, des Coteaux de Gascogne et d’Arrats-Gimone, on a bien ressenti que l’on n’avait pas le choix.

On nous a laissé entendre que si les communautés de communes ne participaient pas, le projet pourrait être remis en cause. Il est évident que l’on ne peut pas attendre des décennies de plus un désenclavement. Pour autant, c’est une problématique pour nous car cela ne fait pas a priori partie de nos compétences et cela va poser des problèmes au moment où l’on parle de révision de la taxe professionnelle. Nous avons donc demandé au conseil général que les autres communautés de communes gersoises soient également sollicitées. Sur les mêmes bases que nous, c’est-à-dire sur la fiscalité locale. La RN 124 va irriguer bien d’autres territoires que les nôtres, que ce soit Mauvezin, Samatan, et au-delà.
Les choses sont donc en stand-by aujourd’hui.
Nous sommes en attente d’une décision sur le financement et la participation d’autres communautés de communes. Quand on la connaîtra, alors on répartira les charges. Nous avons également demandé au conseil général, lors d’une récente réunion, de relancer l’Etat car nous sommes bien conscients que l’Etat se décharge sur les collectivités territoriales et sur les communautés de communes. Nous en avons également profité pour rappeler que la zone de Lafourcade était une oubliée de la deux fois deux voies. Nous demandons depuis longtemps un échangeur sur la nouvelle deux fois deux voies, à l’est de la zone. Or, cet échangeur n’est pas prévu aujourd’hui dans les travaux. Notre accord sur le budget est également suspendu à une décision sur cet échangeur. Nous travaillons depuis six ou sept ans sur ce dossier et il y a une vraie incohérence.
Quel peut être le développement à terme de la ZA Lafourcade ?
Actuellement, la ZA s’étend sur plus de 20 ha. On pense qu’elle peut atteindre jusqu’à 100 ha dans les années à venir. Une dizaine d’entreprises y sont installées dont Latécoère qui va mettre une 4e chaîne d’assemblage en fonctionnement début 2010 avec un projet d’extension pour les années à venir. Avec la mise en deux fois deux voies de la RN 124, nous serons à 20 mn de Toulouse. Tout en gardant un caractère rural. Pour les entreprises comme pour les salariés, la facilité de déplacement va augmenter le potentiel d’accueil sur le territoire. Mais il faut que l’on accueille à la fois des entreprises et de la population.
Cette zone est concernée par le Syndicat mixte d’études Gascogne Vallée.
Absolument, nous faisons partie de ce Syndicat mixte d’études. Le terme d’études est très important car pour ma part, et contrairement à d’autres élus, je n’ai aucunement la volonté de le transformer en Syndicat d’aménagement. Je souhaite garder la maîtrise de l’aménagement, il faut que chaque entité garde son autonomie. On a des structures de proximité capables de gérer, il faut les garder. On ne fait qu’accroître les charges lorsque les structures sont importantes.
Pour revenir sur la RN 124, s’il y a participation financière de la communauté de communes Arrats-Gimone, quel en sera le montant ?
Les travaux sur la RN 124 doivent coûter 1,2 ME à la communauté de communes.
Les collectivités n’ont pas pris de décision à ce jour quant au mode de financement mais s’il y a réforme de la taxe professionnelle, le financement ne pourra se faire qu’en retardant d’autres investissements. Et ce sont donc les investissements sur la ZA Lafourcade qui seront retardés. Pour l’instant, nous avons prévu de viabiliser 9 ha en début d’année 2010 sur cette zone et nous le ferons. Par contre, il nous faudra retarder la viabilisation de 10 ha supplémentaires. Il est certain que si nous n’avions pas de remise en cause de la TP, nous aurions moins de difficultés.
Etes-vous malgré tout impatient que la déviation de Gimont se réalise ?
Je répondrai par deux chiffres : il y a entre 135 et 140 000 véhicules qui passent chaque jour à Gimont, dont 9 % de camions. Les nuisances sont donc extrêmes, et les problèmes de sécurité qui en découlent, importants.
Qu’en pensent les Gimontois ? Comment ont-ils été informés ?
Dans le cadre de la révision du PLU, l’emprise a été portée à la connaissance des gens. Nous n’avons rien fait de plus, car nous n’avons pas assez d’information pour le faire. Comme je l’ai déjà dit, ce n’est pas un problème de tracé puisqu’il est connu depuis longtemps, mais un problème budgétaire.
Les communes participent-elles aux négociations pour l’achat des terrains et bâtis concernés par la déviation ?
La commission communale n’a jamais fonctionné. La Safer négocie avec les propriétaires. Je suis intervenu pour accompagner les personnes dans leur négociation mais c’est tout et j’ai travaillé avec la Safer pour accompagner les démarches. Globalement, cela s’est bien passé et nous n’avons pas eu recours à l’expropriation sur la commune de Gimont. Toutes les négociations ont été faites à l’amiable. C’est le cas pour les terrains agricoles, et c’est le cas pour les bâtis. Mais il y aura encore certainement des négociations de dernière minute.
Quel va être l’impact économique local de la déviation ? Manifestement, tous les commerçants ne sont pas satisfaits.
Economiquement parlant, je prendrai l’exemple de la déviation de L’Isle-Jourdain. Lorsqu’il y a eu annonce de cette déviation, les commerçants sont montés au créneau, lorsqu’elle a été mise en service, il y a eu une panique, et aujourd’hui, quand pour une raison ou une autre, on détourne la circulation de la RN sur L’Isle-Jourdain, les commerçants sont mécontents. C’est normal que s’il y a déviation, il y a appréhension. Elle aura certainement une incidence économique, je ne le nie pas, mais on retrouvera un apport économique grâce à la tranquillité, des gens qui ne s’arrêtaient pas avant le feront demain.