Mortelles voyelles : un polar étonnant

par B.M 12 novembre 2010

Préparant un article d’immersion sur les SDF, Oxymor Baulay se prend de sympathie pour l’un d’entre eux qui lui donne un vieux manuscrit trouvé au fond d’une valise en échange d’un paquet de cigarettes. Intéressé par l’originalité du livre, qui, en bon émule de Georges Pérec (1), est dépourvu de lettre Y et de verbe « être », Oxymor est intrigué par le titre « A Noir » qui lui rappelle le poème « Voyelles » de Rimbaud. Il est également fasciné par son contenu : une série de meurtres de femmes décrits par le menu.

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Tandis que le livre est publié et devient un succès de librairie, Oxymor Baulay comprend que les meurtres en question ont réellement été commis quelque trente années plus tôt. Mieux, il paraît évident que la clé de ces crimes se cache au cœur même du livre, dans les vers de Rimbaud, dans l’œuvre de Shakespeare, puisque le tueur se faisait appeler Hamlet, et qu’il y a beaucoup à trouver dans les figures de style utilisées.

Oxymor Baulay le bien nommé (2) est un passionné de figures de style et autres procédés littéraires, qu’il emploie régulièrement au grand dam de son entourage. Pour découvrir l’auteur du manuscrit, et donc l’assassin présumé de cinq femmes, il se lance dans une quête du sens des mots.

« Mortelles voyelles » est un polar original, absolument pas pompeux, contrairement à ce qu’il peut laisser craindre, facile à lire, et non dénué d’humour. On apprend plein de choses, par dessus le marché, ce qui ne gâche rien.

(1) Son roman « La Disparition » ne comporte pas une seule fois la lettre e.
(2) Associés, beau et laid forment un oxymore.

Mortelles voyelles, de Gilles Schlesser. Editions Parigramme. 14 €.