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Hedwige d’Orfeuil est candidate du MoDem aux élections européennes sur la liste Sud-Ouest. Victoire Crispel est la présidente du mouvement démocrate dans le Gers. Toutes deux jettent un regard sévère sur les élections européennes. Entre la démission de certains politiques qui vont dans la campagne à reculons, le désintérêt des citoyens et l’abstention annoncée, ou encore la méconnaissance du fonctionnement du Parlement européen, l’explication de tout cela est claire selon elles. Et multiple. Pour autant, elles considèrent que rien n’est irrévocable.
« Bruxelles, c’est loin, on ne sait pas ce qu’il s’y passe. » Ce genre de phrases est assez régulièrement cité lorsque les candidats vont à la rencontre des gens. « Il faut que les gens soient mobilisés en amont », indique Hedwige d’Orfeuil. « Il faut qu’ils sachent ce que les députés européens font. Quelle loi ils ont fait voter. Qu’ils connaissent le principe de subsidiarité, la règle de l’unanimité. »
Le MoDem s’engage à rendre public les décisions qui seront prises au Conseil européen et au Parlement. Et, avant cela, à communiquer le calendrier des travaux trois mois à l’avance, pour que les citoyens saisissent leur député.

« Démission du politique, renoncement de la parole donnée, tout cela ne donne pas une bonne image de l’Europe », considère Victoire Crispel. « D’autant que l’on fait croire aux Français que le Parlement européen fonctionne de la même manière que le Parlement français. C’est malsain. Les députés européens travaillent sur des projets, ils doivent chercher une majorité d’appui. C’est de la discussion, de la méthode, de l’intelligence. » Le MoDem en appelle, par ailleurs, à une nouvelle éthique. « Les députés européens doivent rendre des comptes. Ils doivent dire combien ils touchent. Quand ils se déplacent, ils doivent dire où ils vont et pourquoi. On passe pour des modérés mais nous ne le sommes pas du tout sur nos valeurs. C’est aussi pour cela que nous souhaitons mettre en place de nouveaux outils pour lutter contre la financiarisation de l’économie, et œuvrer à une harmonisation sociale et fiscale. »
« La non-utilité du conseil général »
Cofinancement des infrastructures, aides pour les entreprises, financement de projets énergétiques, subventions agricoles, les implications financières de l’Europe ne manquent pas. « Le problème est que l’on doit faire face à un mille-feuilles administratif français », constate Victoire Crispel. « Quand il faut six mois à la Belgique pour faire aboutir un projet, il faut trois ans pour la France. Lorsqu’une entreprise qui demande des fonds, les reçoit enfin, elle est déjà passée à un autre projet. »
Comme d’autres, le MoDem préconise la suppression de certains échelons administratifs. Le conseil général en particulier. « La région est l’échelon pertinent pour être l’interface entre les territoires ruraux et l’Europe ». Pour la présidente du MoDem 32, « les candidats devraient davantage parler de la non-utilité des départements plutôt que de l’entrée de la Turquie dans l’Europe. »
Les services publics devraient aussi, selon le MoDem, s’inviter à la table des débats. « L’Europe n’a jamais imposé la privatisation, c’est une décision nationale », indique Hedwige d’Orfeuil. « Il y a, à l’origine, une directive sur la libéralisation, mais ensuite ce sont chaque Etat qui décide de l’appliquer, et de voir comment il assure son service public. »
Quant à la politique agricole commune, « plus importante que jamais », elle doit évoluer, selon le MoDem, vers une sauvegarde des petites exploitations familiales, une agriculture de qualité et respectueuse de l’environnement, vers l’abandon des échanges économiques actuels. Des échanges qui « contraignent les pays pauvres et rendent les grosses entreprises de plus en plus riches ». La réforme de la PAC doit tendre vers une « plus grande prise en compte des prix de revient des aliments. Pour ne pénaliser aucun producteur. » « Chaque pays devrait assurer son auto production » considère Hedwige d’Orfeuil. « Et les députés devront mener une réflexion sur les subventions. Maintenir un soutien artificiel à l’agriculture n’est pas une solution. »