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Depuis le 30 avril, les aides de la PAC sont transparentes. En se rendant sur le site internet mis en place par le gouvernement, il est possible de connaître le nom des bénéficiaires de la Pac (personnes privées, exploitants et entreprises) et le montant des aides versées sur la période 2007-2008.
Cette publication découle d’un accord négocié par les pays membres de l’Union Européenne en 2006. Pour mémoire, la PAC représente quelque 40% du budget de l’Europe avec près de 55 milliards d’euros en 2007, dont 42,6 MdE d’aides directes. La France est l’un des principaux bénéficiaire de la PAC, avec 8 MdE versés l’an dernier.
Pour la Coordination rurale, « il y a un risque certain que ces aides soient assimilées à tort aux revenus des agriculteurs, alors que 75 % d’entre eux ont un revenu équivalent au SMIC ». Et d’ajouter : « Il est donc important de rappeler l’origine de ces aides, créées en 1992 pour compenser la baisse des prix agricoles européens qui ont été alignés sur les prix mondiaux. Celles-ci doivent être comparées à un soutien versé à un secteur de production comme celui accordé à l’aéronautique plutôt que comme des indemnités versées à des individus. Elles ne sont pas des gratifications de fin d’année qui seraient généreusement payées par les contribuables. »
La Confédération paysanne se félicite, au contraire, de cette transparence. « La transparence des aides, que nous réclamions depuis longtemps, est aujourd’hui acquise. Elle doit être un outil pour mieux les distribuer, mieux les orienter, sans attendre », indique le syndicat. « Cependant il n’est pas question pour nous de laisser certains gouvernements utiliser la transparence des aides et leur répartition injuste, maintenant affichée, comme argument pour liquider les aides et la PAC lors du débat sur la PAC 2013 et lors de la prochaine refonte budgétaire. » Et d’ajouter : « Trop souvent la PAC est assimilée à une simple distribution de subsides. Il n’en est rien : une politique agricole couvre un ensemble d’instruments, dont certains sont des recettes (droits de douane par exemple) et d’autres sont neutres pour le budget européen. »