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Le préfet du Gers a pris les 6 et 10 novembre deux arrêtés autorisant la construction de poulaillers industriels, de 4800 m2 chacun, à St-Elix-Theux et Lannepax. Etienne Guépratte a, par ailleurs, décidé de geler « jusqu’à nouvel ordre » les deux autres dossiers similaires que Vivadour menait à Duffort et Izotges. Le temps, a-t-il expliqué, d’organiser, comme le souhaitent les opposants aux projets, une « plate-forme d’échanges » sur l’avenir avicole du Gers.
Les arrêtés préfectoraux, pris les 6 et 10 novembre par Etienne Guépratte, autorisent la construction de 8 bâtiments de 1200 m2 chacun à St-Elix Theux et Lannepax, représentant un élevage global de plus de 225 000 poulets industriels. Le préfet a justifié sa décision en expliquant qu’il ne pouvait faire autrement, sous peine de prendre « une décision entachée d’illégalité » dans la mesure où les commissaires enquêteurs d’abord, le Coderst ensuite ont donné un avis favorable aux projets. Les opposants ont deux mois pour déposer un recours auprès du tribunal administratif.
L’aspect juridique des dossiers, et leur conformité à la réglementation, n’a pas été le seul facteur pris en compte par le préfet. Les conclusions du rapport d’expertise, demandé au Conseil général de l’agriculture, a également motivé sa décision. « Les inspecteurs du CGA ont mis en évidence qu’il n’y avait pas d’antinomie entre les productions label et standard », explique-t-il. « Que les deux avaient un effet réciproque l’une sur l’autre, et que les deux projets de Vivadour garantissaient le maintien des abattoirs de Condom et Saramon, soit plus de 300 emplois ». Selon le préfet, « le marché avicole, c’est forcément du label et du standard. Tout le monde n’a pas les moyens de consommer du label. »
Pour tenir compte, malgré tout, des oppositions qui se sont manifestées dans le département, Etienne Guépratte s’est dit favorable à l’idée, défendue par les associations et le conseil général, d’organiser une table-ronde. Rebaptisée « plate-forme d’échanges et de réflexion » par le représentant de l’Etat, cette table-ronde sera organisée dans les prochaines semaines. « J’écoute ce que l’on me dit, il faut qu’il y ait un débat civique sur le sujet dans le Gers. Et il faut que cette plate-forme débouche sur quelque chose de concret, une sorte de charte qui définira les conditions d’acceptabilité et de conformité des futurs projets, et qui fixera des politiques de contrôle encore plus rigoureuses. »
Les deux autres projets que mènent depuis des mois Vivadour sur les communes de Duffort et d’Izotges sont pour l’heure gelés. Ces projets de 4800 m2 chacun ne seront pas déposés en préfecture tant que la charte n’aura pas été élaborée. Par contre, rien n’empêche Vivadour de poursuivre ses autres projets de construction de poulaillers industriels sur des surfaces plus petites, de 1200 m2. Du fait de leur taille, ces projets ne sont pas soumis à enquête publique.
Ajout à l’article le 11 novembre :
Reçus le 10 novembre au soir par le préfet, qui leur a officiellement annoncé sa décision d’autoriser les poulaillers de St-Elix et Lannepax, les membres du Collectif Bien vivre dans le Gers ont immédiatement exprimé leur colère dans un communiqué. Ils se disent « déterminés à activer tous les moyens utiles, y compris la procédure juridique, pour faire échec à ces projets qui constitueraient une dérive industrielle néfaste pour les agriculteurs et l’ensemble des Gersois ». Ils ont également réagi à la proposition du préfet d’organiser un débat et de geler les nouveaux projets de Vivadour, estimant qu’il s’agissait d’une « étrange conception du débat démocratique que de décider avant de lancer la discussion ». Le collectif rappelle enfin que l’enquête du Conseil général de l’agriculture était limitée « au seul aspect économique de ces projets, occultant leurs impacts environnementaux et sanitaires.
N’ayant consulté que les structures soutenant l’aviculture industrielle, rien d’étonnant à ce que l’avis rendu soit favorable ».
Vos commentaires :
1. Envoyé par David Pomies, Europe Ecologie Les Verts.
« Bien sûr le Préfet Guépratte se réfugie derrière la réglementation, et
derrière la relative neutralité que sa fonction exige. Pourtant, alors
que la plupart des collectivités dit que ces projets ne vont pas dans le
sens du bien commun, alors que la grande majorité des citoyens n’en veut pas non-plus, le choix du Préfet apparait forcément comme une décision politique.
Les tables-rondes ne serviront qu’à gagner du temps, d’un côté comme de
l’autre, et une charte dont l’objectif serait d’accroitre les contrôles
serait bien vaine.
Ce n’est pas une réunion entre experts et contre-experts dont notre
territoire a besoin. C’est d’un véritable débat citoyen qui puisse faire
émerger les attentes des Gersoises et des Gersois en matière de
productions agricoles et de qualité de l’alimentation. Si les citoyens se
prononcent pour plus de qualité nutritionnelle, mais aussi sociale et
environnementale, alors toutes les énergies politiques doivent aller dans
ce sens, et proposer des passerelles aux agriculteurs qui n’iraient pas
dans ce sens. Des passerelles à sens unique, bien sûr, car il est
aberrant de constater que l’argent public sert à financer des projets
complètement contradictoires. Si gouverner c’est choisir, alors il semble
que l’auto-proclamée "élite" ait un peu de mal à faire le tri dans ses
affaires. »