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Les opposants aux projets de poulaillers industriels de Vivadour ne désarment pas. Après plusieurs conférences de presse et manifestations entre août et septembre, ils ont organisé un débat public le 14 octobre et rencontré le préfet du Gers pour lui exposer leurs revendications. Alors que le Coderst vient de donner un avis favorable au projet de Lannepax, ils affichent plus que jamais leur détermination. Rencontre avec François Favre, responsable de la commission agriculture au NPA 32.
Après le projet de St-Elix, c’est le projet de Lannepax qui vient d’obtenir un avis favorable du Coderst, le conseil départemental de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques. Ce dernier s’est réuni jeudi 20 octobre. 13 membres se sont prononcés pour, dont les 7 représentants de l’Etat, 6 contre (les 4 associations, le président du conseil général et le maire de Sauviac) et 2 se sont abstenus.
Officiellement, cet avis, uniquement consultatif, ne lie en rien le préfet du Gers qui est le seul à pouvoir prendre une décision sur le sujet. Afin de poursuivre ses consultations, et peut-être calmer un peu les esprits, Etienne Guépratte a repoussé au 6 novembre sa décision sur le projet de St-Elix, et se prononcera les jours suivants sur le projet de Lannepax.
D’ici là, les opposants aux projets de Vivadour poursuivent leur mobilisation. Ils ont récemment rencontré le préfet pour lui exposer les raisons de leur opposition et organisé un débat public, auquel participait Vivadour. Ils sont sortis de ces réunions plus remontés que jamais.
« Le préfet ne nous a évidemment rien dit de ses intentions » explique François Favre, en charge de l’agriculture au NPA du Gers. « Il nous a donné l’impression d’être à l’écoute mais il nous a dit également être lié à une législation sur les installations classées qui remonte à 1977 et qui ne prend donc pas en compte les préoccupations de notre époque comme les émissions de CO2 ou la qualité de l’air. »
Pour le représentant du Nouveau Parti Anticapitaliste, l’ancienneté de la législation pose évidemment problèmes. « Ce sont des tonnes d’ammoniaque qui sont dégagées par ces bâtiments industriels et qui proviennent des fientes de poulets. Ces bâtiments doivent être d’ailleurs espacés de plus de 100 mètres des habitations. Ils possèdent des ventilations qui marchent jour et nuit et qui procurent une lumière artificielle permanente, afin d’éviter que les poulets ne soient excités par les changements de luminosité. Si jamais ces ventilations s’arrêtent, les poulets meurent. Dans les bâtiments fermiers, la ventilation est mécanique et l’aération naturelle. »
François Favre a lui-même été éleveur de poulets fermiers avant de passer la main, voilà quelques années. Il reconnaît que certaines choses ont changé dans la production industrielle mais que la qualité ne sera jamais au rendez-vous. Sans parler du bien être animal…
« Ce qui a changé depuis 2006, c’est que l’on n’a plus le droit d’utiliser des antibiotiques activateurs de croissance, c’est un fait. Par contre, il n’est pas interdit d’utiliser des antibiotiques pour des traitements curatifs. Chaque année, ce sont 1060 tonnes d’antibiotiques qui sont utilisés en France par les éleveurs dont 239 tonnes par les éleveurs de volailles. » Evidemment, les poulets industriels ne sont pas les seuls à être traités mais le traitement antibiotique, qui ne doit pas être préventif, est moindre dans les élevages fermiers. « Pour la simple raison que les poulets fermiers sont moins malades » explique François Favre. « Ils sont d’abord moins nombreux, 10 au m2 contre 24 dans les bâtiments industriels, et ils peuvent sortir au plus tard à 6 semaines. » Selon lui, : « la plupart du temps, on n’utilise pas d’antibiotiques dans les élevages fermiers, mais il peut y avoir des infections qui se développent et l’on est alors obligé de le faire. Mais cela est rare. Passés un certain âge, les poulets supportent le froid et la chaleur. » Les poulets fermiers vivent environ 80 jours, les poulets végétaux moins de 40.
« La fragilité des poulets d’élevage tient à plusieurs choses : les poulets sont sélectionnés pour grandir rapidement et pour avoir toujours faim. Et puis, l’alimentation joue un rôle important. Leur base alimentaire est la même que les poulets fermiers, à savoir le blé, le maïs et le soja, mais les proportions diffèrent. Les poulets d’élevage reçoivent plus de protéines, c’est-à-dire plus de soja, qui est d’ailleurs essentiellement OGM, comme nous l’a confirmé Vivadour lors de la réunion publique que nous avons tenue dernièrement à Monlezun. »
Les 4 projets de poulailler industriel que souhaitent mener Vivadour dans le Gers portent sur un total de 16 bâtiments de 1200 m2 chacun. Ils devraient permettre la production de plus de 700 000 poulets végétaux par an. « Un bâtiment standard de poulets fermiers s’étend lui sur 400 m2 et permet la production de 4000 poulets. On comprend ce qui motive les personnes qui veulent faire ce genre d’élevage » souligne François Favre. « Alors, on entend parler de l’abattoir de Condom, que ces poulets permettraient de faire vivre. Mais comment peut-on opposer l’environnement à l’économie ? » Quant à la proposition du conseil général de mettre les poulaillers industriels près des abattoirs, les opposants aux projets la trouve tout simplement saugrenue. « Nous avons besoin de paysans. Là, on ne parle plus d’agriculture. »