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Les travaux de construction de ses nouveaux bâtiments auscitains étant achevés, JCB Aéro a lancé cette semaine la phase de déménagement de son matériel qui prendra fin début avril. L’occasion pour le président de la Région de faire le déplacement, et de se féliciter, avec l’Etat, le conseil général et le Grand Auch de la participation financière de tous. Des financements dont bénéficieront d’autres entreprises.
Comme prévu, c’est ce lundi 15 novembre qu’a débuté le déménagement de JCB Aéro vers l’aérodrome d’Auch. Ce déménagement prendra fin d’ici 4 mois. Début avril, toutes les activités de l’entreprise auront quitté L’Isle-Jourdain pour la zone Lamothe, à deux pas de la piste agrandie. Seule une quinzaine de personnes, sur les 160 que recense l’entreprise, ne feront pas le déplacement.
JCB Aéro va s’installer sur une emprise au sol de 3 ha et dans deux bâtiments de 5000 m2, dont l’un, de 25 mètres de haut, accueillera les avions en vue de leur aménagement intérieur.
Jusqu’ici, l’entreprise n’avait pas la place pour accueillir des avions chez elle. Elle se devait d’envoyer ses équipes vers des aéroports, en France comme à l’étranger, ce qui engendrait des coûts. A Auch, le hangar construit à cet effet pourra accueillir jusqu’à trois gros porteurs en même temps. « C’est le seul centre en France où existent des ateliers adjacents à un tel hangar » s’est réjoui Jean-Claude Beaudet, le pdg de l’entreprise.
JCB Aéro travaille avec une clientèle haut de gamme, très pointilleuse, et l’équipement d’un avion peut prendre de 3 à 18 mois. Cette clientèle n’est pas composée uniquement de milliardaires et émirs puisque, récemment, c’est le très luxueux avion présidentiel « Air Sarko One » qui a été pris en charge par JCB Aéro. Coût de l’aménagement intérieur : 91,5 ME (*).

Recevant la visite, lundi matin, du président du conseil régional, Martin Malvy, qui était accompagné de Philippe Martin, président du Département, Franck Montaugé, maire d’Auch, et Denis Conus, préfet, Jean-Claude Beaudet a remercié l’Etat et les collectivités pour leur participation financière. « La réactivité de tous a été impressionnante » a-t-il salué. Le pdg a tenu à remercier également le sénateur Aymeri de Montesquiou, absent lors de la visite, « qui a la paternité de ce projet ».
L’entreprise a été aidée financièrement pour l’achat des terrains et la construction des bâtiments. Sur les 8,5 ME HT que ce volet immobilier a coûté, l’Etat a versé 1 ME et la Région, 700 000 euros. L’entreprise finance le reste.
Ces aides s’ajoutent aux investissements nécessaires pour l’aménagement de l’aérodrome, qui ont représenté un coût de 3,4 ME, financé par l’Etat (1,2 ME), la Région (800 000 E), la communauté de communes du Grand Auch (300 000 E), la CCI (5000 E) et le conseil général.
Sans tous ces efforts, l’entreprise JCB Aéro aurait quitté le Gers. « Au départ, je voulais aller en Suisse » a rappelé Jean-Claude Beaudet. Un épisode dont se souvient également Jean-Michel Justumus, le directeur du centre européen d’entreprise et d’innovation du Gers (CEEI).
« Déjà en 2006, Jean-Claude Beaudet avait la volonté de s’installer en bordure d’un aéroport, mais l’entreprise était encore petite à l’époque. Aussi, lorsqu’il nous a contactés en 2009 pour nous rappeler son intention, nous avions l’obligation de lui proposer quelque chose », indique Jean-Michel Justumus. « Jean-Claude Beaudet examinait des offres pour aller à Blagnac, à Béziers et à Genève. Il se donnait trois mois pour signer. »
C’est donc très rapidement que le CEEI a organisé la réflexion. Quelle emprise au sol pouvait être proposée à l’entreprise ? Quelle hauteur maximale devait avoir les bâtiments pour emporter l’adhésion de la direction générale de l’aviation civile ? De quelle distance pouvait être agrandie la piste pour permettre l’atterrissage des Airbus et autres Boeing ? Comment pouvait-on relier les ateliers de l’entreprise à la piste ?
La nécessité d’un financement croisé a été validée par les collectivités et l’Etat et « dès la fin mai 2009, nous étions en mesure de présenter un projet à Jean-Claude Beaudet », explique Jean-Michel Justumus. « Le 20 juin, nous obtenions son accord définitif ».
Au-delà de l’installation de JCB Aéro, c’est un pôle aéronautique industriel que les partenaires du projet ont voulu créer sur l’aérodrome d’Auch. « Ce fut notre deuxième motivation », confirme Jean-Michel Justumus. « Nous voulions que les investissements servent à d’autres entreprises. » C’est ainsi qu’est né le projet AéroParc.
Depuis le début 2010, le CEEI fait un travail de repérage des réserves foncières. 1,2 ha ont pour l’heure été identifiés. « Les terrains en question sont faciles d’accès et disponibles de suite » précise Jean-Michel Justumus. Ils sont situés entre l’entreprise de maintenance d’hélicoptères Heli Challenge et le restaurant de l’aérodrome. Des négociations sont en cours avec une entreprise non gersoise qui pourrait s’installer sur 6000 m2 à l’horizon 2011, 2012. « Par ailleurs, nous avons repéré d’autres terrains, au sud de la zone, d’une surface de 3 ha. » Il est notamment prévu d’y créer un hôtel d’entreprises de 1500 m2, pouvant héberger deux sociétés. Au total, l’AéroParc devrait être en mesure d’accueillir entre 6 et 10 entreprises dans les 4 à 5 ans.
Le prix des terrains tourne autour de 15 à 20 euros le mètre carré.
La candidature de l’AéroParc a été déposée dans le cadre de l’appel à projets de la deuxième génération de pôles d’excellence rurale (PER). Quatre projets gersois avaient été retenus lors de la première vague de PER. « Si notre projet est labellisé, l’Etat viendra l’abonder financièrement. C’est donc très important » explique le directeur du CEEI.
Le PER est porté par une association dite « de préfiguration du PER Aéroparc d’Auch et du Gers ». Elle a été créée en octobre par le conseil général, la CCI et la ville d’Auch. Cette association pourrait se transformer à terme en syndicat mixte de portage, l’idée étant que ce syndicat voit le jour avant 2016, date de la fin du bail emphytéotique de 25 ans qui lie le Département à la CCI. Cette dernière reviendrait alors autour de la table pour prendre en charge la gestion du site… à la grande satisfaction du conseil général.
Gestionnaire de l’aérodrome depuis 1991, le conseil général dit avoir engagé, en 12 ans, 2,5 ME d’investissements pour l’entretien de l’aérodrome, tandis que le fonctionnement lui a coûté 200 000 euros par an.
(*) Montant dévoilé par Jean-Claude Viollet, député PS de la Charente et rapporteur de la « Commission de la Défense nationale et des forces armées », qui examine tous les ans le budget de l’armée de l’air.