Le chômage encore en (légère) hausse

par B.M 30 avril 2010

Manifestations des agriculteurs en début de semaine, manifestations du 1er mai en fin de semaine, l’emploi est au cœur de l’actualité, alors que les derniers chiffres du chômage révèlent une légère augmentation des demandeurs d’emploi dans le Gers au cours du mois de février. De son côté, la Banque de France annonce des perspectives encourageantes pour le secteur industriel en région, et prévoit un renforcement des effectifs dans les prochains mois.

Après avoir connu une baisse significative au cours du mois de décembre dernier, le chômage n’a eu de cesse d’augmenter depuis. Particulièrement forte au mois de janvier, la hausse a été beaucoup plus légère au mois de février. Les chômeurs de catégorie A (*) sont passés d’un mois sur l’autre de 5396 à 5399 et ceux des catégories A, B et C, de 8514 à 8521. Pour la seule catégorie A, la hausse enregistrée dans le Gers sur un an est sensiblement identique à celle enregistrée en France : + 13 % contre + 12,8 %. Au niveau régional, par contre, la hausse est nettement plus forte : + 14,2 %.
L’augmentation enregistrée entre les mois de janvier et février est la même dans le Gers qu’au niveau national : +0,1 %. Elle est par contre de 0,9 % en Midi-Pyrénées.

Quant à l’analyse des catégories A, B et C (qui représentent 85,6 % de la demande d’emploi), elle montre que le Gers a connu, sur un an, une hausse moins forte des enregistrements (+ 12,7 %) par rapport aux niveaux national et régional (+ 14 % tous les deux). La hausse reste à 0,1 % sur un mois.

Alors que les retraites sont l’un des thèmes majeurs abordés lors des manifestations du 1er mai, et que le gouvernement présentera le 15 mai un document d’orientation en vue d’une réforme, les derniers chiffres du chômage montrent que les personnes de plus de cinquante ans sont les plus touchées par la hausse. Ils sont 18,3 % demandeurs de plus en février 2010 par rapport à février 2009, alors que les jeunes sont 14,7 % de plus et les autres 11,1 %. Quant aux demandeurs de longue durée, ils sont 37,2 % de plus qu’un an plus tôt.

Le secteur de L’Isle-Jourdain est particulièrement concerné par la hausse du chômage (+ 20,3 % en un an), alors que les secteurs de Condom et de Auch le sont nettement moins (respectivement + 12,1 % et 10,2 %). Et les hommes sont davantage touchés que les femmes (17,6 % contre 8,3 %).

La hausse du nombre de chômeurs fait suite, dans 5,3 % des cas, à une démission, 23 % à une fin de contrat, 6,2 % à une première inscription et 13 % à un licenciement. Les licenciements économiques ne représentent qu’1,5 %, soit une baisse de 65,1 % par rapport à février 2009. Quant aux sorties des statistiques du chômage, qui ont concerné 1003 personnes, elles font suite, dans 22 % des cas, à une reprise du travail et dans 49,5 % des cas, à une radiation administrative et une absence au contrôle.

629 offres d’emploi ont été collectées, soit une hausse de 16,1 % sur un an et une baisse de 2,6 % sur un mois. 46,4 % d’entre elles concernent des emplois durables, de plus de six mois.

Les bénéficiaires du RSA sont au nombre de 3935. 545 d’entre eux dépendent du régime agricole.

Si le ministre de l’Agriculture a dernièrement déclaré vouloir stabiliser le revenu agricole, les agriculteurs gersois ont profité des manifestations du 27 avril pour adresser une motion au gouvernement, dans laquelle ils demandent de pouvoir « vivre dignement de (leur) métier ». Plus précisément, ils demandent au gouvernement « d’assainir les marchés des céréales, d’empêcher toute nouvelle contrainte environnementale », ce que l’Etat semble vouloir leur accorder, « d’alléger les charges fiscales et sociales qui plombent les exploitations » mais aussi « de réintégrer des critères socio-économiques dans les projets de la commission européenne sur les zones défavorisées pour maintenir les équilibres entre les productions et l’aménagement du territoire ».

Concernant les filières industrielles, la Banque de France constate, dans sa dernière enquête conjoncturelle régionale, un léger rebond de la production au cours du mois de mars, notamment dans les industries agroalimentaires et les biens intermédiaires. Si les carnets de commandes « se sont étoffés », il semble, par contre, que « les marges des industriels continuent de s’éroder en raison d’une baisse des prix de vente qui se conjugue à la hausse de nombreuses matières premières. »

Dans un contexte encore difficile, les effectifs devraient néanmoins « légèrement se renforcer au cours des prochains mois », prévoit la Banque de France. La production devrait être en hausse « dans la majorité des secteurs, à l’exception des biens d’équipement ».

(*) Catégorie A : demandeurs d’emploi cherchant un emploi à plein temps et à durée indéterminée.
Catégorie B : demandeurs d’emploi cherchant un CDI à temps partiel.
Catégorie C : demandeurs d’emploi cherchant un emploi à durée déterminée, temporaire ou saisonnier.



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