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La vie comme un rêve

par Damien Rostren 25 juin 2009

Après avoir apprécié la trilogie nordique de Stieg Larsson (*) et avoir dédaigné sans regret le mauvais film qui en a été tiré, vous pourrez vous réfugier dans les standards du bon vieux polar américain classique.

Dans « Un privé à Babylone », Richard Brautigan nous fait découvrir C. Card, détective privé raté, comme il se doit traîne-misère, qui pense avoir enfin décroché une affaire à même de le remonter dans son estime et dans celle des autres.

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Il rêve de notoriété facile, d’une clientèle addicte, d’argent qui coule à flot, d’un bureau bien à lui, d’une secrétaire personnelle, très personnelle même, si affinités…

Curieusement, il transpose régulièrement ce rêve dans une Babylone antique aux parfums des années 40, et s’y voit être quelqu’un avec, d’une certaine façon, le nom de personne : Smith Smith.

Sa réalité est toute autre, et Card poursuit en solitaire son existence minable, avec un regard emprunt de dérision, de fatalisme, et l’espoir que tout vienne à lui, que tout s’améliore sans effort.

L’intérêt de l’histoire proposée ne tient pas à l’énigme, mais bien aux personnages que l’on y croise. Le récit est court, le style alerte, souvent drôle, et truffé d’expressions que n’aurait pas reniées Audiard : un livre somme toute sympatique, pour une courte évasion vers le climat des films noirs des années 50.

« Un privé à Babylone » - Richard Brautigan – 10/18 – prix éd. 7€

(*) Millénium.