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Guy se souvient. Il y a le phare, bien sûr, un orphelinat, mais aussi sa maison, l’unique bâtiment de l’île, qu’il domine comme il écrase tout ceux qui l’habitent. Il y a sa sœur, la rêveuse, solitaire, et rebelle Sis. Il y a Mère surtout, abusive, tyrannique, effrayante et colérique, qui, de sa cabine étroite dans la coupole du phare, veille, surveille, épie comme du haut d’un mirador. Mère est tout. Mère est partout. Il y a Père enfin, l’âme secrète et crainte, le mystérieux scientifique, le créateur, toujours au travail.
Guy se souvient. Un jour, Wendy, jeune détective célèbre, apparaît sur l’île pour enquêter : les parents adoptifs des orphelins ont remarqué que tous portaient des marques derrière le crâne. Ce jour fût le départ de tout.
Curieuse histoire que celle dans laquelle nous plonge Guy Maddin, réalisateur canadien controversé, au travers d’un film onirique, très sombre, tourné en noir et blanc selon les caractéristiques des débuts du cinéma : des images saccadées, muet avec une bande musicale, quelques sous-titres, et une narration envoûtante d’Isabella Rossellini.
Si Méliès avait tourné un scénario de Tim Burton avec les conseils de David Lynch, peut être cela aurait-il donné ce film original et étrange.
« Des trous dans la tête » - Guy Maddin – 25€