L’horreur économique selon Grégoire Hervier

par Angélique Gaudard 15 mai 2009

« Je me présente : Dominique Dubois. Mon nom ne vous évoque certainement pas grand chose et pour cause, je suis un type tout à fait commun, menant une vie tout ce qu’il y a d’ordinaire. Le genre d’individu qui ressemble un peu à tout le monde et qu’on ne remarque jamais.
Né dans une ville de taille moyenne, dans un milieu aux moyens disons... moyens, j’ai fait des études assez moyennes avant de trouver un poste de statisticien. Mon travail consiste à calculer des moyennes, des médianes, des écarts types. »

Dominique Dubois se considère comme quelqu’un d’ordinaire et trouve par moment sa vie bien terne. C’est ce sentiment qui le pousse à accepter une offre d’emploi des plus étranges et un billet pour Zen City.

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Sous ses apparences de ville utra-moderne et écologique, Zen City est une expérience à grande échelle sur la consommation et Dominique Dubois, l’homme ordinaire et moyen, un parfait sujet d’étude.

Sans pour autant sombrer dans le délire conspirationniste, Grégoire Hervier dresse une satire de la consommation moderne et des modèles économiques qui empiètent sur les libertés individuelles et les données personnelles.
Un roman d’anticipation prenant, tour à tour léger, surprenant et haletant, le tout servi par une écriture facile et légère qui fait défiler les pages à bon rythme.

Zen City, qu’on peut par moment apparenter aussi bien à la SF qu’au thriller, donne à réfléchir sur les nouvelle technologies, l’évolution de la publicité et les moyens doucement mis en oeuvre pour un marketing ciblé, censé nous faciliter la vie et s’approcher au plus près de nos attentes et désirs de consommation.

« Zen city », Grégoire Hervier, ed. Au Diable Vauvert, 18,50 euros.