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Eric Fottorino est le président du Directoire du Monde. Il est également un écrivain prolifique dont de nombreux livres ont été primés. Un jour, ces quelques mots lui sont adressés, « chapeau Eric, il a fait du chemin le gamin du Grand-Parc » et c’est un gouffre de tristesse qui commence à l’aspirer.
L’homme qui écrit ces mots est son père, mort la veille par choix, d’une balle dans la bouche. Et avec ces mots se bousculent un tas d’interrogations. Sa main a-t-elle tremblé lorsqu’il les a écrits ? Comment a-t-il vécu ses dernières heures d’existence ? De quoi était composé son dernier repas ? Pourquoi aucun de ses proches n’a-t-il ressenti dans ses tripes l’acte qui était en train de se dérouler ? Auraient-ils pu l’empêcher ?
Incompréhension, affliction, et cette évidence que rien ne sera jamais plus comme avant. Eric Fottorino s’est trouvé dans l’impossibilité d’exprimer sa tristesse à haute voix. Alors, il l’a écrite. Avec pudeur et justesse, il relate les sentiments qui l’animent depuis le décès de ce père tant aimé. Un père adoptif devenu sien lorsqu’il avait 10 ans. Un père admiré pour tout ce qui le rendait si différent des autres : sa beauté, sa droiture, sa sensibilité, sa force, ses origines tunisiennes. Un père qu’il avait vu quelques jours avant sa mort, et qu’il avait quitté, comme si de rien n’était.
Eric Fottorino cite Montherlant au début de son récit : « Ce sont les mots qu’ils n’ont pas dits qui font les morts si lourds dans leur cercueil ». En écrivant ses dernières pensées paternelles, Michel Fottorino a dit beaucoup. Pour son fils, il restait encore à dire.
"L’homme qui m’aimait tout bas", Eric Fottorino, ed. Gallimard, 148 p, 15 E.