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En 1992, Bernard Tapie, alors patron d’Adidas depuis deux ans, décide de revendre la société. Cette vente devait lui permettre d’empocher une avantageuse plus-value, environ 1 milliard de franc (cf. vidéo 1).
Or, un an plus tard, c’est le Crédit Lyonnais qui vend l’affaire, à la surprise de certains dont Alain Juppé (cf. vidéo 2) et au grand dam de l’homme d’affaires qui se retrouve avec un découvert astronomique à combler (cf. vidéo 3). S’en suit une décennie de luttes judiciaires.
En 2005, la cour d’appel de Paris condamne l’Etat à verser 135 millions d’euros à Bernard Tapie, et trois ans plus tard, c’est un tribunal arbitral qui condamne l’Etat à lui verser 285 millions d’euros d’indemnités, dont 240 au titre des fautes commises par la banque, précisant au passage que « le montant des créances publiques déclarées et vérifiées s’élève à 190 millions d’euros ». Christine Lagarde assure alors, dans la foulée, que Bernard Tapie ne touchera au final que 20 à 50 millions d’euros, compte tenu des intérêts, impôts et dettes diverses. Elle a finalement annoncé ce jeudi 9 septembre, que la somme versée serait de 210 ME.
Pour Bernard Tapie, « environ 95 millions d’euros ne sont pas liés à l’arbitrage », mais correspondent au produit de la vente d’actifs lui appartenant et saisis par la justice au cours des procédures. Interrogé sur Europe 1, il a même ajouté que c’est 1 MdE qui aurait dû lui être versé. D’où vient cette somme ?
Dans ses conclusions, le tribunal arbitral admettait effectivement que la différence entre le prix de vente d’Adidas et le prix de l’introduction en bourse était de plus de 6 milliards de francs, soit près d’un milliard d’euros. Mais les liquidateurs avaient choisi de plafonner leur demande à 20 %, soulignant l’existence « d’aléas dans les possibilités de refinancement de GBT (Groupe Bernard Tapie, ndlr), de recapitalisation d’Adidas et de remontées de trésorerie à GBT ». Ils indiquaient par ailleurs « qu’une part du succès de l’opération boursière revenait aux nouveaux managers ».
Vidéo du 7 juillet 1992. Interview de Gilberte Beaux, alors présidente du conseil de surveillance d’Adidas.
Vidéo du 15 février 1993
Vidéo du 26 mai 1994