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Eric Despin a posé valises, boîtiers, objectifs et trépieds à Aubiet, voilà sept ans. Après une vie parisienne intense, il a décidé, avec sa famille, de transformer sa résidence secondaire gersoise en résidence principale. Photographe professionnel, spécialisé dans les photos publicitaires, Eric Despin est devenu Gersois.
A 47 ans, il est à la fois heureux du chemin parcouru depuis son installation dans le département, et aussi très confiant dans l’avenir. D’ailleurs, il n’imagine pas, un seul instant, quitter un jour son métier pour une retraite paisible. Ne serait-ce une retraite gersoise.
Cela commence parfois ainsi. Une passion d’adolescence qui se transforme en carrière, et c’est une vie professionnelle qui s’en trouve allégée.
D’aussi loin qu’il se souvienne, Eric Despin a toujours voulu être photographe. « Je devais avoir 12 ans lorsque je me suis acheté mon premier appareil photo », explique-t-il. Son rêve d’enfant était de faire des photos de camions. Ce rêve ne s’est pas réalisé mais il a photographié autre chose, qui l’ont également passionné. Son dada a toujours été la photo publicitaire, et même s’il s’est essayé un peu au reportage d’actualité, il est très vite revenu à ses premières amours.
« Faire une photo publicitaire n’est pas la même chose, il ne s’agit pas uniquement de saisir l’instant, il faut aussi composer une image, c’est bien plus créatif. » Sur le terrain, une partie de l’année, Eric Despin passe le reste de son temps en studio.
Eric Despin a dirigé pendant dix ans une agence de photographes à Paris, spécialisée dans les photos agro-alimentaires, de cosmétiques, de parfums. Et puis, il a fini par se lasser. « Je passais la majeure partie de mon temps à organiser ou faire du commercial » explique-t-il. Un ras-le-bol professionnel d’un côté, une maison achetée dans le Gers de l’autre, l’idée de quitter la capitale a fait son chemin. « L’appel du vert a été le plus fort. » Et une fois installé, Eric Despin a petit à petit fait son trou. « Les clients ici sont fidèles et ponctuels » se réjouit-il.
Les entreprises pour lesquelles il travaille ou a travaillé se dénomme Ducs de Gascogne, Fleurons de Samatan, Comtesse du Barry, BM Manutention.

Il a également fait des photos pour Trigone, l’association Les Producteurs à la ferme ou le restaurant Clé du Sud à Samatan. Il se passionne pour les photos culinaires, comme, avant lui, l’un de ses maîtres, l’Anglais Manfred Seelow. Il a d’ailleurs installé une cuisine dans son studio pour pouvoir préparer des plats avant de les fixer sur l’image. « Je suis le seul dans le Gers à faire ça », précise-t-il.
Eric Despin aime ça, passer d’une prestation à une autre, d’un projet à un autre. « J’aime la diversité. On aborde toujours de façon pointue quelque chose que l’on ne connaît pas. » Et quand il ne court pas les routes et les champs, il fait de la postproduction. « Quoiqu’on en dise, c’est une activité indispensable car toutes les images sont à travailler. Ne pas en faire, ce serait un peu comme si, après avoir fait des photos avec un appareil argentique, je donnais mon film à quelqu’un et je m’en désintéressais. Et puis, la postproduction ne fait pas tout. Il y a toujours le travail de la mise en scène, la composition, le travail sur la lumière qui est propre au photographe. »
Eric Despin travaille beaucoup avec le numérique, et il a commencé à le faire dès le début des années 90. « Le numérique apporte énormément au niveau des retouches, il finalise l’image. » Pour autant, il n’a pas complètement abandonné l’argentique, dont il se sert pour les portraits, pour le noir et blanc. « L’argentique a quitté le monde des photographes amateurs mais il n’a pas disparu pour autant. Il s’est recentré sur les professionnels », souligne-t-il. Si le travail sur un film en couleur n’a, selon lui, plus beaucoup d’intérêt, il en va tout autrement pour le noir et blanc. « L’argentique amène un choix créatif d’un bout à l’autre, que ce soit pour le type de révélateur, pour le choix du papier. J’ai d’ailleurs pas mal de demandes pour des portraits. »
Lui-même travaille sur un projet personnel où il sera question de portraits et de photos en noir et blanc. Sur un de ses nombreux projets, pourrait-on dire, car il n’en manque pas. Il faut dire que « le Gers regorge de potentialités ».
http://www.eric-despin.book.fr/