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Route 124 : Fin 2008, vous déclariez que les entreprises étaient en bonne santé dans le département malgré la crise. Quel est votre sentiment aujourd’hui, après cette année 2009 plus difficile ?
Michel Doligé : Difficile ? C’est vrai qu’il y a eu quelques licenciements, un peu de chômage technique, quelques difficultés ici ou là mais pas qui ont touché de grosses boîtes. Quand je dis « grosses boîtes », je parle d’entreprises de 20 personnes et plus, même 10. Il n’y a pas d’entreprises gersoises de plus de 10 salariés qui ont déposé leur bilan. Pour moi, le bilan n’est donc pas négatif. Les entreprises du secteur aéronautique marchent, tout comme celles des secteurs bois et alimentaire. L’immobilier repart. Alors, c’est sûr, il y a eu parfois une baisse de l’activité, le chômage a augmenté en particulier chez les jeunes mais il reste faible, à 6,4 %. Je préfère donc être optimiste.

Le bilan de la CCI à la fin du troisième trimestre 2009 faisait état de chiffres d’affaires en baisse et de perspectives inquiétantes pour les mois suivants. Est-ce que le bilan à la fin du quatrième trimestre confirme cette tendance ?
Oui. Nous allons d’ailleurs très bientôt communiquer ces données. La tendance à la baisse est confirmée, en particulier dans le secteur du bâtiment où les chefs d’entreprises sont plutôt pessimistes car ils ont peu de carnets de commande. Mais ils travaillent quand même. Simplement, au lieu d’avoir une vision sur un an, ils ont des carnets de commande remplis pour les deux ou trois mois à venir.
En tant que président de la Banque Populaire Occitane, confirmez-vous la hausse des demandes de crédits de trésorerie de la part des entreprises en 2009 ?
L’Etat nous a demandé de faire 4 % de crédits en plus l’an dernier, nous en avons fait 4,5 % de plus. D’ailleurs à ce propos, j’aimerais redire que j’en ai marre d’entendre que les banques ont été aidées par l’Etat. Il nous a prêté à 10 %, il ne faut pas l’oublier.
Que pensez-vous des conséquences de la réforme de la taxe professionnelle, pour les entreprises d’une part mais aussi pour la CCI à qui est versée une partie de la TP ?
Pour nous, cela ne va rien changer, si ce n’est une baisse de 2 % tout au plus. Et pour les entreprises, ça ne va rien changer non plus d’ailleurs, elles paieront toujours la même chose ou presque (1). Et les entreprises de services vont payer davantage.
Et la réforme des chambres de commerce ?
J’y suis farouchement opposé, et je n’arrête pas de le dire aux politiques. Je passe mon temps à rencontrer des ministres et des parlementaires. Je me rendrai d’ailleurs une nouvelle fois la semaine prochaine à l’Assemblée nationale pour défendre mon point de vue qui est aussi celui de nombreux autres présidents de chambre, avec lesquels nous avons formé un Conseil des présidents (2)
Où en est cette réforme ?
Rien n’est décidé pour l’instant. Elle devait être votée en décembre mais le vote a été reporté, on n’en sait pas plus.
Cette réforme renforce le pouvoir des CCI régionales.
Oui, il est prévu que notre personnel comme notre budget dépendent de Toulouse. Le mode d’élection serait changé, il y a une volonté de recentraliser les chambres et de nous transformer en simple chambre d’enregistrement. Que les feuilles de paie soient faites à Toulouse, cela ne nous pose pas de problèmes, mais que l’on nous laisse notre autonomie d’action. Je n’ai pas envie de demander à Toulouse la possibilité de faire telle ou telle chose.
Quelles sont vos priorités 2010 en matière d’infrastructures ?
Il faut d’abord continuer à avancer sur la 124 , pour que la zone de Pujaudran se fasse. Je vais également continuer à me battre pour le doublement de la RN 21. Nous voulons qu’elle soit payante de Limoges à Tarbes. Des entreprises ont déjà manifesté leur intérêt pour ce projet. Il faut maintenant que les politiques nous aident pour que ce projet soit inscrit au Schéma national des infrastructures de transport.
Pensez-vous vraiment que ce projet peut aboutir lorsque l’on voit les difficultées rencontrées pour boucler le financement de la 124 entre L’Isle-Jourdain et Auch ?
Nous en sommes convaincus. Toutes les chambres de commerce concernées par ce projet se réunissent tous les mois, le dossier avance.
Est-ce que ce projet est prioritaire au doublement de la 124 à l’Ouest d’Auch ?
Oui. Nous ne négligeons pas l’Ouest pour autant, comme le montre le travail que nous faisons avec six communautés de communes pour créer une zone d’aménagement de 30 ha aux abords de l’A 65. D’ailleurs une fois que la partie Mont-de-Marsan Pau sera faite, les gens passeront par-là et ne passeront plus par la 124. Mais pour revenir à la RN 21, il faut qu’elle soit aménagée, c’est vital pour les entreprises. C’est très important pour le développement économique du Gers, tout comme peut être important pour le tourisme la création d’une gare LGV au sud d’Agen.
(1) 7474 entreprises gersoises (hors établissements agricoles) sont soumises à la TP.
(2) 98 présidents de CCI se sont prononcés pour cette réforme, 59 contre et 12 se sont abstenus.