De nouveaux marchés en vue pour les artisans du bâtiment

par B.M 17 mai 2010

Une nouvelle génération de PER, "pôles d’excellence rurale", va voir le jour dans les prochaines semaines. Lancé à la fin de l’année 2005, ce dispositif vise à soutenir des projets de développement, créateurs d’emploi, en milieu rural. Au cours de la période 2006-2009, correspondant à la première génération des PER, 379 projets ont été labellisés en France dont 5 dans le Gers (1). La seconde génération sera choisie tout au long de l’année 2010. Les premiers projets retenus par l’Etat le seront à la fin du mois de juin. Plusieurs sont défendus dans le Gers : l’un porte sur le développement de la filière viticole, un autre tend à une optimisation de l’offre de soins, et un autre encore vise le développement du secteur de l’éco-construction. Ce dernier est porté par le conseil général et la filière du bâtiment (2).

Dénommé « Tèrra Mair » (Terre mère), pour évoquer « la terre nourricière des futures générations », a expliqué Philippe Martin, le président du conseil général, le PER éco-construction a d’abord un enjeu écologique. Il est élaboré dans un contexte national (le Grenelle de l’environnement), régional (plan bâtiments économes), et départemental (Agenda 21) favorable au développement durable, et s’inscrit dans une problématique de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Alors que le bâtiment est responsable de 23 % des émissions de CO2 en France, le PER tend à accompagner l’artisanat gersois vers une pratique plus écologique des constructions et réhabilitations.
Il a également un enjeu économique dans un département où les 1800 entreprises artisanales du bâtiment emploient 2500 personnes. Une cinquantaine d’emplois pourrait être créée d’ici la fin 2014 grâce au PER.

S’il est validé par l’Etat, le PER aidera 17 entreprises artisanales à réaliser les investissements nécessaires pour que leur outil de travail réponde aux exigences de l’éco-construction (éco-matériaux, équipements de performance énergétique). Il contribuera à la réhabilitation de trois collèges, situés à Mirande, Fleurance et Miélan, dont les besoins en isolation sont considérés comme prioritaires. Et il financera la création d’un centre de compétences destiné à fédérer les acteurs de l’éco-construction.
Ce centre, installé dans la chartreuse du foyer Ludovic Lapeyrère, sur le site du conseil général à Auch, regroupera une pépinière d’entreprises et une plateforme de formation (ouverte notamment aux élèves de l’école d’architecture de Toulouse) ; il servira de cellule de veille et de pilotage de projets innovants avec pour objectif de faire émerger des débouchés industriels et diversifier le tissu artisanal gersois ; et il apportera conseils et informations aux collectivités locales désireuses de construire ou transformer des bâtiments communaux, ou souhaitant se lancer dans des aménagements paysagers et urbains.

La collaboration accrue entre les collectivités et les artisans, que sous-tend ce PER, est très attendue par ces derniers. « Avec la rénovation des bâtiments publics, ce sont de nouveaux marchés qui arrivent, et de nouveaux chantiers en perspective pour les artisans » a déclaré Christian Olié, le président de la chambre de métiers et de l’artisanat.

Les opérations retenues au titre du PER représentent un investissement de 6,15 ME, dont 1,26 ME accordé au titre des aides de l’Etat et des fonds européens. Le reste serait autofinancé.

(1) Les PER labellisés dans le département sont : le pôle culturel territorial de Marciac (création d’une salle de concert et de spectacle), le Mécanopôle de Nogaro, le Centre d’innovation et de recherche circassien (équipement pour les arts du cirque), le Palmipôle (organisation de la filière) et le Pôle d’application et d’expérimentation des techniques satellitaires (utilisation de ces techniques pour l’agriculture, l’aménagement du territoire, etc.).
(2) Les partenaires du conseil général sont la Chambre de Métiers et d’Artisanat, la CCI, le CAUE (conseils d’architecture, d’urbanisme et d’environnement), la Fédération du Bâtiment, la CAPEB (Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment), le bureau d’études Addenda…



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