Dashiell Hammett, réaliste et cynique

par La rédaction 21 juin 2011

A l’occasion du cinquantenaire de la disparition de l’écrivain américain de romans policiers, Dashiell Hammett, les éditions Omnibus ont réuni en un seul volume 65 nouvelles dont certaines inédites. Si toutes ne sont pas policières, la grande majorité l’est, ce qui donne l’occasion de se replonger avec joie dans l’univers si particulier de l’auteur du « Faucon de Malte ». Comme dans ce roman ou dans le chef d’œuvre « La Moisson rouge », on retrouve ici l’univers cynique de Dashiell Hammett.

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Violences et corruption, perversité des personnages, qu’ils soient truands ou enquêteurs, humour grinçant, Dashiell Hammett décrit une Amérique du début du XXe siècle, qu’il a d’abord traversée en tant que détective avant de la décrire comme écrivain. Son style direct et très visuel amplifie le réalisme des situations.

Dashiell Hammett est considéré comme le père du roman noir américain moderne, un siècle après l’apparition des romans d’ Edgar Allan Poe, considéré lui comme l’inventeur du roman policier américain. Avec Dashiell Hammett, on est à des années-lumière de la littérature policière du XIXe siècle et notamment de ses principaux représentants que sont l’Anglais Wilkie Collins et le Français Emile Gaboriau. La gouaille de l’un n’a évidemment rien à voir avec le raffinement des autres.

Mais on a beau être amoureux des romans à énigme du XIXe siècle, et de leurs salons feutrés, lire Dashiell Hammett n’en reste pas moins un pur moment de bonheur. L’univers est glauque à souhait, les personnages sont désenchantés et immoraux, la description de l’Amérique des années 20 est fascinante.

Il n’est pas étonnant que James Ellroy se réclame de son héritage.

« Coups de feu dans la nuit - Intégrale des nouvelles », éditions Omnibus, 1290 pages, 29 euros.