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La crise financière n’a pas encore touché les entreprises gersoises. Certes le BTP connaît une baisse d’activité mais celle-ci n’est pas récente puisqu’elle remonte au début de l’année. Les chefs d’entreprises gardent, dans l’ensemble, le moral. Les grosses difficultés, ils les attendent plutôt pour le premier trimestre 2009. Les salariés, eux, sont inquiets. Et les intérimaires en manque de mission.
Le discours est unanime chez les banques et les chefs d’entreprises : il est beaucoup trop tôt pour tirer les conséquences de la crise actuelle sur les finances des entreprises. C’est plutôt au cours du premier semestre de l’année prochaine que les difficultés pourraient se faire jour. Pour l’instant, « les chefs d’entreprises laissent passer l’orage », indique le président de l’Union patronale du Gers et du Medef 32, Philippe Lafforgue, et les banques les assurent de leur soutien. Certains secteurs souffrent néanmoins. Le BTP, depuis plusieurs mois déjà et l’intérim, depuis peu de temps. Quant aux salariés, ils sont plutôt inquiets.
De la vigilance mais aucune déprime, tel est le message donné en substance par Philippe Lafforgue pour expliquer l’état d’esprit des chefs d’entreprise gersois. « Nous sommes évidemment conscients des difficultés et lucides, et nous avons bien conscience qu’il va y avoir un frein à la consommation » indique-t-il. « Mais pour l’instant les chefs d’entreprise ont plutôt bon moral. » Les résultats de l’enquête effectuée voilà quinze jours par l’Union patronale auprès de 1200 chefs d’entreprises gersois le démontre : il y a très peu de difficultés de trésorerie et très peu d’entreprises ont signalé des tensions sur les crédits. « Aujourd’hui, le réseau bancaire suit globalement les demandes » poursuit le président.
Au Crédit Agricole, effectivement, on confirme soutenir toujours les entreprises. « Nous avons avec les entrepreneurs un dialogue de proximité et ils gardent confiance » explique Jean-Pierre Arrivets, le directeur commercial des agences du Gers. Même chose à la Banque populaire occitane. « Nous n’avons rien changé », souligne ainsi Christian Jelonch, le directeur du groupe. « Nous souhaitons toujours accompagner nos entreprises. Nous ne faisons donc pas de resserrement de crédit. » Ce que les banques notent, par contre, c’est de l’hésitation à investir, de l’attentisme. Les dernières mesures annoncées par le gouvernement changeront peut-être les choses. De même que les annonces faites en début de mois : plan de soutien aux PME, plan de soutien aux banques.
La Banque de France ne ressent pas non plus d’inquiétude majeure. Que ce soit dans le Gers ou dans les autres départements de Midi-Pyrénées d’ailleurs. « Nous n’avons pas constaté de choses catastrophiques au niveau régional », indique ainsi Chantal Boucher, la directrice régionale. « Les banques font face davantage à une baisse des demandes de crédits qu’à un refus de les financer. » Il faudra attendre le début 2009 pour tirer un bilan plus précis.

Certaines entreprises connaissent malgré tout quelques difficultés. Dans le BTP notamment. Mais cela n’est pas nouveau. « Voilà un an qu’elles connaissant des difficultés », rappelle Philippe Lafforgue. « Ce sont surtout les petites entreprises qui ont souffert et qui souffrent encore. Il y a eu des dépôts de bilan. Les grosses ont encore du travail mais les perspectives sont moins porteuses. »
Les dernières ouvertures de procédure collective enregistrées au Tribunal de commerce confirment cette tendance. Sur les 29 procédures de redressement et liquidation enregistrées entre le 1er juillet et le 1er octobre, 8 ont concerné des entreprises du secteur.
Si l’audience de septembre du Tribunal de commerce laissait craindre le pire quant à la situation financière des entreprises avec l’ouverture de 17 procédures collectives, cela ne s’est pas confirmé en octobre. « C’était beaucoup plus calme », explique-t-on au greffe du Tribunal. « Cela arrive parfois. Les dossiers arrivent d’un coup et puis après ça se tasse. »
Aucun bilan n’est, par contre, tiré à ce jour du côté de la Chambre des métiers et de l’artisanat, ce devrait être fait cette semaine. Les artisans du bâtiments, réunis au sein de la Capeb, ont récemment indiqué devoir faire face à une baisse des commandes.
Si l’heure n’est donc pas au catastrophisme du côté des décideurs économiques, les salariés, eux, sont plus inquiets. « Nous le ressentons au niveau départemental », indique Didier Miotti, secrétaire de la CFDT dans le Gers. « Mais pas uniquement depuis la rentrée. Le nombre d’adhésions est de plus en plus forte et cela dure depuis le début de l’année. Par crainte, les gens se renseignent auprès de nous et ils adhèrent. » Que craignent les salariés ? « Ils nous disent : nous ne sommes plus en sécurité, nous sommes en train d’être achetés, nous allons fusionner. Il y a un vrai climat d’insécurité. Les salariés se syndiquent par peur des restrictions de personnel. C’est un réflexe qu’ils ont pour connaître leurs droits et leurs devoirs. »
Pourtant, cette inquiétude ne se traduit pas (encore) dans les faits. Le seul « gros malaise » enregistré pour l’instant par le syndicat se situe au niveau de l’intérim. « Les missions sont plus courtes, leur durée a baissé de 50 à 70 % », souligne Didier Miotti. « Il y a 29 % d’engagements en moins par rapport à l’an dernier. »
Et d’ajouter : « Pour le reste, les entreprises ont des carnets de commande pour plusieurs mois. Nous verrons vraiment l’impact de cette crise au 1er trimestre 2009. »
Les courbes publiées en octobre par l’Insee au niveau national prévoient toutes des chutes pour 2009, que ce soit dans les travaux publics, le bâtiment, l’artisanat ou les services.
Vos commentaires :
1. Envoyé par un internaute le 28 octobre
« Votre article dit que le nombre de missions chute. Soit. Mais que dire des agences qui refusent des intérimaires aux employeurs ?
En tant que gérant de TPE, j’ai eu besoin récemment de quelqu’un pour une mission de 6 heures et je me suis rendu dans une agence d’intérim de L’Isle Jourdain. J’apprends alors que la mission me coûtera 120€. Très bien.
Or, peu de temps après, l’agence me rappelle et m’annonce que son siège, basé à Toulouse, a refusé la mission. Apparemment je ne suis plus couvert par la SFAC (une société d’assurance crédit). Enchanté de l’apprendre car je ne savais même pas que j’avais été couvert un jour.
J’appelle la SFAC qui m’explique que, en tant que jeune entreprise, j’ai été couvert pendant un an mais cette couverture est caduque vu que je n’ai pas encore déposé de compte d’exploitation. Ils me précisent néammoins qu’ils n’ont fait que répondre à la question de la boite d’intérim... mais que c’est uniquement elle qui décide au final.
J’appelle donc le siège de l’agence d’intérim en question, je lui propose soit de lui faire un chèque tout de suite, soit de la laisser téléphoner à ma banque, mais elle m’explique qu’elle ne peut déroger aux règles de la procédure qualité. Elle ne peut donc pas avaliser ma demande de mission.
En clair on préfère que vous embauchiez au noir plutôt que de prendre le risque de ne pas encaisser 120€ ! »