Portrait d’entreprise :
la société Covalrec

par Béatrice Millésime 24 septembre 2009

Les habitants de Betcave et Moncorneil ne sont pas les seuls à se demander si la société Paprec fera sien le projet de décharge mené jusqu’ici par Boucou Recyclage, la société Covalrec est également dans l’expectative. Le marché du déchet industriel n’étant pas si grand que ça dans le Gers, le projet Boucou, et sa centaine d’hectares, a de quoi interpeller. Certes il s’agit en premier lieu d’un projet de décharge, mais Paprec étant l’une des plus importantes entreprises de recyclage françaises, un centre de tri pourrait très bien faire son apparition. Quoiqu’il en soit, Covalrec a décidé d’anticiper sur une augmentation de son volume d’activités.

Voilà quatre ans, la société Troisel a décidé de valoriser l’activité collecte et récupération qu’elle menait depuis trente ans, en implantant un centre de tri à Auch sur la ZI Lamothe. Didier Lescos, qui est à l’origine du projet, en a pris la gérance. La société Covalrec, ainsi créée gère aujourd’hui quelques 25000 tonnes de déchets industriels par an, dont 12500 hors gravats. Ces déchets sont exclusivement gersois et devraient le rester, car « nous avons toujours tenu à ne pas aller chercher des déchets dans d’autres départements », souligne Patrice Landré, le directeur du site. La société Covalrec compte d’ailleurs bien poursuivre sur cette voie, même si le marché gersois est limité et s’il est nécessaire d’avoir un volume conséquent pour faire vivre une telle activité. Elle nourrit même un projet d’extension et a monté les dossiers nécessaires pour ce faire. Soumise jusqu’il y a peu à un régime de déclaration, la limitant à certains déchets et à un tonnage de 14000 tonnes par an, elle est désormais assujettie à un régime d’autorisation, qui lui donne la possibilité d’augmenter ses volumes jusqu’à 16000 tonnes.

JPG - 11.8 ko

Covalrec travaille essentiellement avec des entreprises et commerces, même si elle ne ferme pas la porte aux particuliers. Ce sont surtout ces derniers qui, le coût du tri aidant, préfèrent s’abstenir. Les déchets arrivent par camion et sont triés sur place lorsque cela n’a pas déjà été fait par les entreprises elles-mêmes, à qui Covalrec louent des bennes. Deux-cents sont ainsi louées en permanence, au coût unitaire de 70 euros par mois environ. La société loue également des compacteurs et des presses verticales. Les bennes permettent de transporter 2 à 4 tonnes de déchets, les compacteurs 6 à 7 tonnes et les presses de réduire le volume des cartons. « En premier lieu, nous effectuons un diagnostic déchets avec nos clients, afin de définir leurs besoins et trouver la solution la plus économique », explique Patrice Landré. « Le bilan environnemental est effectué par Anne Gil. Nous pouvons proposer aux entreprises de trier elles-mêmes leurs déchets, ce qui leur revient évidemment moins cher. »

Les trois-quarts des déchets pris en charge par Covalrec sont recyclés et les 25 % restant partent soit à l’incinération (au coût de 150 euros la tonne) soit à l’enfouissement (entre 70 et 90 euros la tonne). La société se rend alors aux centres d’enfouissement (CET) de Moncorneil et de Pavie, ou à Montech, dans le Tarn-et-Garonne, si les quotas élaborés par l’établissement public Trigone (4000 tonnes par an de déchets ultimes) sont insuffisants. « Notre but est de trier au maximum pour éviter l’enfouissement. »

Parmi les déchets qui ne se trient pas se trouvent les déchets dangereux, « auxquels on ne touche pas » ajoute Patrice Landré. « On les transporte, on fait du négoce, mais c’est tout. » Le centre de tri s’étend sur une surface de 13000 m2 dont 1500 m² couverts. Récemment a été mis en place une plateforme de réception de gravats qui s’étend sur 2800 m². Covalrec traite 4800 tonnes de cartons par an, 230 tonnes de plastique, 3000 tonnes de bois et 800 tonnes de fer. Les cartons sont vendus à des fabricants, le bois à des papetiers ou à des entreprises landaises en vue de la réalisation de panneaux de particules, les plastiques partent en France ou à l’étranger à destination des professionnels de l’emballage ou du film étirable.

La concurrence intra-départementale n’est pas encore très rude car les déchetteries industrielles peu nombreuses. Elle le deviendra peut-être selon ce que la société Paprec décide de faire avec le terrain acquis à Betcave par Boucou Recyclage. Le fait qu’un professionnel de cette taille vienne s’installer dans le département n’est évidemment pas pour plaire à Covalrec. Au-delà d’une décharge, c’est la création d’un centre de tri concurrent qui inquiète la société, dont les perspectives de développement sont de deux ordres : augmenter sa clientèle professionnelle en « captant des déchets qui partent pour l’instant vers des départements limitrophes » explique Didier Lescos, et s’ouvrir davantage aux particuliers en réduisant les prix. De nouveaux équipements leur seront proposés dans les prochains mois.



Ajouter un commentaire

Lire les commentaires