Lire les articles
TERRITOIRELire les articles
AGENDALire les articles
SUR LA ROUTELire les articles
PAUSELire les articles
NO COMMENTLire les articles
Alors que l’inspecteur d’académie et le colonel de gendarmerie, commandant le groupement du Gers, ont décidé la semaine dernière de revoir les procédures d’intervention des forces de l’ordre dans les collèges suite au mécontentement d’enseignants et de parents, le témoignage d’une élève de Marciac, qui a assisté en classe à l’un de ses contrôles anti-drogue, est édifiant. Il s’agit de Zoé, 13 ans. Son père, Frédéric David, lui a demandé d’écrire ce qu’elle avait vécu.
« Il nous l’avait dit, le CPE, que des gendarmes allaient venir nous faire une prévention pour les 4ème et les 3ème.
Ce mercredi là (19/11/2008), toutes les classes sont entrées en cours comme à leur habitude, en suivant les profs.
A peine 10 minutes plus tard – nous étions assis-, deux gendarmes faisaient déjà le tour de la salle où nous étions. La prof avec qui nous étions, les regardait en nous disant « Ils font leur ronde !?? » . Elle n’était à priori au courant de rien bien sûr. Soudain , la porte s’est ouverte, laissant entrer deux gendarmes... Enfin non, pas exactement !!! Il y avait un monsieur chauve habillé en militaire ( le dresseur de chien en fait !) et un gendarme très gros.
Le chauve nous a dit : « Nous allons faire entrer un chien ! Mettez vos mains sur les tables, restez droit, ne le regardez pas ! Quand il mord, ça pique ! »
Enfin il a dit ça, à peu près... Je me rappelle surtout du « Quand il mord, ça pique ! »
Après, il est sorti deux minutes et est revenu avec deux autres gendarmes et le chien. Les gendarmes se sont placés aux deux extrémités de la classe tandis que le dresseur regardait son chien déjà à l’œuvre. Le chien s’appelait Bigo. Bigo s’est acharné sur plusieurs sacs, en mordant et arrachant tout ce qui dépassait. Quand à la prof, elle restait derrière son bureau bouche bée.
Le chien s’est attaqué au sac de mon amie, à coté de moi. Le dresseur a claqué des doigts en disant : « Sortez mademoiselle, avec toutes vos affaires ! » Elle a rangé son sac, s’est levée et s’est apprêtée à sortir mais le dresseur l’a repris vite : « Et ton manteau ! » Elle a rougi et emporté aussi son blouson.
Plusieurs personnes de la classe sont ainsi sorties. Le chien vient alors sentir mon sac. Voyant que le chien ne scotchait pas, que rien ne le retenait là, le dresseur lui a fait sentir mon corps avant de s’empresser de me faire sortir. Dehors m’attendait une petite troupe de gendarmes... Enfin, non, pas dehors : nous étions entre deux salles de classe.
Me voyant arriver, ils se dépêchèrent de finir de fouiller une autre fille. Mon amie était déjà retournée dans la classe. Quand ils eurent fini, ils s’emparèrent de mon sac et le vidèrent sur le sol. Un gendarme me fit vider les poches du devant de mon sac. Il vérifia après moi. Je n’étais pas la seule élève. Avec moi, il y avait une autre fille qui se faisait fouiller les poches par une gendarme.
Ils étaient deux gendarmes hommes à la regarder faire. Le Gendarme qui fouillait mon sac vida ma trousse, dévissa mes stylos, mes surligneurs et cherchait dans mes doublures.
La fille qui était là fouillée elle aussi, se fit interroger sur les personnes qui l’entouraient chez elle. Elle assurait que personne ne fumait dans son entourage. Ils la firent rentrer en classe.
C’était à mon tour ! La fouilleuse me fit enlever mon sweat sous le regards des deux autres gendarmes.....
Je décris : Un gendarme à terre disséquait mes stylos, un autre le surveillait, un autre qui regardait la fouilleuse qui me fouillait et le reste de la troupe dehors. Ne trouvant rien dans ma veste, elle me fit enlever mes chaussures et déplier mes ourlets de pantalon. Elle cherche dans mes chaussettes et mes chaussures. Le gars qui nous regardait, dit à l’intention de l’autre gendarme : « On dirait qu’elle n’a pas de hash mais avec sa tête mieux vaut très bien vérifier ! On ne sait jamais... » Ils ont souri et la fouilleuse chercha de plus belle ! Elle cherche dans les replis de mon pantalon, dans les doublures de mon tee shirt sans bien sûr rien trouver. Elle fouilla alors dans mon soutif et chercha en passant ses mains sur ma culotte ! Les gendarmes n’exprimèrent aucune surprise face à ce geste mais ce ne fut pas mon cas !!!!!!
Je dis à l’intention de tous « C’est bon arrêtez, je n’ai rien !!!! »
La fouilleuse s’est arrêtée, j’ai remis mon sweat et mon fouilleur de sac m’a dit : « tu peux ranger ! ».
J’ai rebouché mes stylos et remis le tout dans mon sac et suis repartie en classe après avoir donner le nom du village où j’habite.
De retour en classe, la prof m’a demandé ce qu’ils ont fait. Je lui ai répondu qu’ils nous avaient fouillé. Je me suis assise et j’ai eu du mal à me consacrer au math !
Tout ça c’est ce que j’ai vécu mais mon amie dans la classe à coté m’a aussi raconté.
Le chien s’est acharné sur son sac à elle et elle a eu le droit au même traitement. Mais ses affaires sentaient, alors ils l’ont carrément emmené à l’internat où nous dormons. Le chien s’est acharné sur toutes ses affaires m’a t-elle dit. Le gendarme lui a demandé si elle connaissait des fumeurs de hash, vue qu’ils ne trouvaient rien. Elle leur a simplement répondu que le WE dernier elle a assisté à un concert !
Le CPE l’a ramené ensuite au collège et elle m’a raconté. »
Vos commentaires :
1. Envoyé par une internaute le 7 décembre.
« Je suis moi même mère de famille et je pense sincèrement que la prévention ne tue personne, la drogue par contre fait des ravages parmis nos jeunes. Cette histoire a pris une ampleur démesurée (merci les parents), peut-être qu’il c’est dit des choses pas "fines"... mais si ces interventions peuvent dérouter certains jeunes fumeurs de l’herbe, c’est très bien. Les enfants dans les collèges sont si jeunes... »
2. Envoyé par un internaute le 9 décembre.
« Je reste bouche-bée à la lecture de ce témoignage. J’avais déjà eu vent de "contrôles de police surprises" à la sortie de certains lycées sensibles, mais jamais à l’intérieur des établissements et encore moins sur des élèves si jeunes ! Et ils appellent ça de la prévention... »
3. Envoyé par michel-bordes2@... le 10 décembre 2008
« Surprenante réaction d’une "maman" que de s’en prendre ainsi aux "parents" !
"Dérouter" les enfants serait une façon d’éduquer ? Et avec des bergers allemands de préférence...
Les labradors ou les goldens retrievers dont l’efficacité est tout autant reconnue dans ce domaine auraient été trop sympathiques sans doute ? C’est vrai, les molosses sont plus déroutants donc plus efficaces...
Et quel type de chien dans les maternelles ? Peut-être que des peluches seraient suffisamment déroutantes à 3 ans, ils sont si jeunes dans les maternelles ! »