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Concision et efficacité, du Zweig quoi

par B.M 22 octobre 2009

Un an après « Le voyage dans le passé », les éditions Grasset publient une deuxième nouvelle inédite de Stefan Zweig, « Un soupçon légitime », avec un petit plus cette année pour les germanophones : la publication, à la fin du livre, de la version originale allemande.

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Même si l’on peut se demander combien d’inédits attendent encore, dans les tiroirs, de prochaines rentrées littéraires, on ne saurait faire la fine bouche. Un texte de Stefan Zweig ne se boude pas. Contrairement à certains écrivains contemporains, dont la brièveté des romans n’a d’égale que leur médiocrité, les livres de Stefan Zweig sont toujours justes, fins ; ses descriptions des méandres de la pensée ne cessent d’impressionner, même lorsqu’il s’agit d’un chien puisque tel est le cas dans cette nouvelle. Habitué à décrire les sentiments humains, l’écrivain autrichien surprend par cette histoire où il est question d’un animal devenu tyran. On retrouve néanmoins des sujets déjà développés dans d’autres livres comme la folie, l’idolâtrie, la cruauté du destin.

On ne ferme pas cette nouvelle inédite comme la précédente avec frustration et une impression d’inachevé. L’ambiance est lourde dès l’incipit, « Pour ma part, j’en suis tout à fait certaine, le meurtrier c’est lui… », et rien ne laisse penser qu’il en sera différemment avant la fin. « Un soupçon légitime » reste néanmoins un livre de Stefan Zweig, concis et efficace.

"Un soupçon légitime", Stefan Zweig, éditions Grasset, 10 euros.