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Chantal Armagnac dit ne pas être dupe des raisons qui ont poussé les Editions First à lui proposer l’écriture de « L’armagnac pour les nuls ». « Nous étions plusieurs sur les rangs. Mon nom a certainement joué », s’amuse-t-elle. Les Editions First mettent effectivement son nom en exergue en quatrième de couverture, mais le choix est évidemment lié à tout un tas d’autres choses. Sa famille, sa formation, son passé d’écrivain ont conduit voilà bien longtemps Chantal Armagnac à s’intéresser à l’eau-de-vie gasconne.
« L’armagnac pour les nuls » est le troisième livre que Chantal Armagnac a consacré à l’eau-de-vie. Ecrit à l’occasion du 700e anniversaire de l’armagnac, il est sorti au mois de janvier soit à peine un an et demi après le précédent qui s’intitulait « Armagnac, la plus vieille eau-de-vie de France ». En 2001, elle avait également publié « L’armagnac, le mariage de la vigne, du chêne, et de l’homme ». « C’est un sujet inépuisable », souligne-t-elle. « J’ai d’ailleurs eu connaissance très récemment de documents dont je n’avais jamais entendu parler, qui concernent l’histoire de l’armagnac. »

Chantal Armagnac consacre de nombreuses pages à cette histoire avec un grand H, expliquant les origines de l’armagnac. Mais elle multiplie également les anecdotes, comme le veut la collection « pour les nuls », chose qu’elle n’avait pas l’habitude de faire auparavant. On découvre ainsi, au fil des pages, une fable de La Fontaine, des références à des livres où il est question de l’armagnac, des clins d’œil historiques sur des personnes ayant apprécié l’eau-de-vie, des recettes… Chantal Armagnac explique aussi la distillation, évoque la terre, donne des secrets de dégustation et n’oublie pas de louer le chêne, pour qui elle voue une vraie adoration. En 2008, elle a publié « Le chêne, arbre roi de Gascogne », un livre qui lui a demandé cinq ans de travail.
Pour les Editions First, Chantal Armagnac a dû rendre son travail au bout d’un an. « Un temps très court pour moi car je suis lente » souligne-t-elle. « Heureusement que j’avais déjà écrit sur le sujet. Mais ce fut aussi un exercice tout à fait nouveau. J’ai été contente de glisser des petites histoires. »
Au fil de ces petites histoires, justement, Chantal Armagnac n’oublie pas d’évoquer des gens qui lui sont chers. On croise ainsi François Grand-Clément, son mari, auteur d’une pièce « Le Mystère armagnac » et Jean Armagnac, son grand-père, fondateur de l’aéroclub de Nogaro.
La famille de Chantal Armagnac n’est en effet pas inconnue dans le Gers. Après son grand-père et sa passion pour les avions, c’est l’amour de son père pour les courses automobiles qui a laissé son empreinte à Nogaro puisque Paul Armagnac a créé le circuit qui porte encore son nom. « Je suis une fille de paysans », raconte Chantal Armagnac. « Mon père a été le premier à cultiver du maïs et mon grand-père produisait de l’armagnac à Panjas. » C’est d’ailleurs l’envie de reprendre l’affaire de son grand-père qui a conduit Chantal Armagnac à passer son diplôme d’ingénieur agronome et à suivre des études d’œnologie.
La propriété familiale étant finalement reprise par sa sœur, Chantal Armagnac a travaillé quelques années dans le Bordelais, avant de s’installer à Saint-Mont où elle s’est marié et a élevé ses deux filles. Sa vie professionnelle connaîtra quelques années plus tard un tournant pour le moins inattendu. « Je me suis rendue compte en emmenant mes filles à l’école que les élèves n’avaient pas de cours d’éducation physique. J’ai trouvé ça incroyable et j’ai entrepris de passer mon brevet d’éducateur sportif. » Chantal Armagnac a alors trente ans. Elle intervient dans les écoles, crée un club de randonnée. Pour autant, la vigne n’est jamais bien loin. Elle exploite 1 ha de vignes à Saint-Mont et côtoie les producteurs locaux, dont elle relate fréquemment l’activité dans la presse locale. Sa carrière d’écrivain commence au début des années 90. Elle n’a jamais cessé d’écrire depuis. Son prochain livre portera sur la Gascogne. « Ce sera un livre sur ma Gascogne, sur ce que je veux transmettre à mes enfants. »
Chantal Armagnac a quitté le Gers pour Albi en 2002, « nous voulions nous rapprocher de nos filles », mais revient régulièrement dans le département. Elle a animé début mars à Fleurance, devant des collégiens, un atelier sur les textes de Claude Nougaro, et elle participera dans les prochaines semaines à plusieurs événements en lien avec l’eau-de-vie. Elle sera le 15 mai à la Nuit des musées à Condom, au musée de l’Armagnac, elle interviendra, toujours en mai, à la foire aux armagnacs à Eauze, elle participera mi-juillet au spectacle « Les Flammes de l’Armagnac », à Termes d’Armagnac, elle sera présente fin juillet à la feria verte organisée par l’association Gascogna Terra à Bazignan et elle a prévu de se rendre à l’exposition sur les 700 ans de l’armagnac organisée au Château Le Courrejot à Condom.
« Les producteurs ont besoin que l’on parle d’eux » souligne Chantal Armagnac qui avoue un faible pour le Bas-Armagnac. « Ce sont mes racines. J’ai le nez du Bas-Armagnac, j’ai le nez du pruneau, du fruit confit. Mais j’ai appris à en découvrir beaucoup d’autres. » Quel que soit son origine, l’armagnac signifie beaucoup pour elle. « C’est un souffle merveilleux, une valeur de tolérance, une eau-de-vie d’auteurs avec plein de trésors. »