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Elle a beau ne pas avoir le même impact sur les communes rurales et ne pas engendrer autant de difficultés que dans les écoles primaires en cas de fermeture de classes, la carte scolaire peut malgré tout apporter son lot de bouleversements dans le second degré. Au programme de la rentrée 2010 : cinq postes en moins, des élèves plus nombreux en classe, des remplacements non assurés, et des élèves de BEP en déshérence.
Les élèves du second degré étaient environ 11 700 dans les établissements publics gersois en 2009, 1 990 dans le privé. A la rentrée prochaine, ces effectifs seront stables. Les collèges devraient compter 68 élèves supplémentaires, les lycées 43 de moins. Pour répondre aux exigences gouvernementales en matière de baisse des effectifs enseignants, cinq postes seront supprimés, aucun ne sera créé. Des enseignants stagiaires seront appelés à la rescousse pour assurer certains cours.
De mémoire de syndicats, une telle configuration est absolument unique. Jusqu’à présent, les enseignants ayant été reçus aux concours de recrutement du second degré (Capes, agrégation…) étaient considérés comme des stagiaires pendant un an, et assuraient entre 6 et 8 heures de cours pendant cette période. A partir de la rentrée, ils seront affectés sur des postes normaux de 18 heures. Pour le Syndicat national des instituteurs et professeurs des écoles (Snuipp), une telle évolution « est préjudiciable à la fois pour l’enseignant qui commence sa carrière sans formation et pour l’élève ». Sept enseignants stagiaires seront ainsi en poste à la rentrée dans le département. L’un d’entre eux assurera des courts d’arts plastiques au collège Carnot d’Auch, un autre prendra la place d’un professeur de mathématiques à la retraite au collège D’Artagnan de Nogaro, etc.
Conséquence des réductions de postes - « on perd en moyenne cinq postes par an depuis cinq ans » souligne Franck Gombaud, du Snuipp -, les classes ont des effectifs plus importants. « Dans le Gers, la moyenne de 25 élèves par classe n’est pas très significative car elle est faussée par la petite taille de certains collèges, or dans des collèges comme celui de L’Isle-Jourdain, les problèmes d’effectifs sont réels. » Un quart des élèves de sixième seront dans des classes de 28 ou plus, sachant que la barre maximale, au-dessus de laquelle une création de classe est envisagée, est de 30 élèves. Elle est de 35 dans les lycées.
« Le problème dans le secondaire n’est pas la fermeture de classe, puisqu’il n’y en a pas, mais l’absence de création » poursuit Franck Gombaud. Le problème des remplacements risque également de se poser à la rentrée. Les titulaires de zones de remplacement (TZR) sont non seulement en diminution mais aussi affectés sur des postes de longue durée à l’année. « De toute façon, en dessous de quinze jours d’absence, les remplacements ne sont pas assurés. »
Pour assurer le remplacement des enseignants, l’Académie de Toulouse, comme les autres académies françaises, doit faire appel à des enseignants non-titulaires et diffuse régulièrement sur son site internet des offres d’emploi à leur intention.
Enfin, autre sujet qui pose question aux syndicats : l’avenir des élèves en BEP. Le principe de la réforme mise sur pied par l’ancien ministre de l’Education, Xavier Darcos, est la suivante : au lieu de préparer un BEP en deux ans, puis un Bac Pro en deux ans également, les élèves vont être recrutés en Bac Pro dès leur sortie du collège et suivre une formation de trois ans. « Cela va poser un problème à la rentrée pour les deuxièmes années en BEP », indique Franck Gombaud. « Il aurait fallu attendre un an pour que les élèves terminent leur cursus. Au lieu de cela, on va mettre ensemble des élèves qui finissent leur BEP avec des élèves qui débutent leur Bac Pro. Ils n’auront pas eu la même formation, cela pose un sérieux problème quant à leurs conditions de travail. »
Les établissements concernés sont les lycées de Nogaro, Mirande, Lectoure et Auch (Pardhailan et Le Garros). Outre des problèmes d’effectifs, les syndicats craignent que cette réforme entraîne un découragement chez certains élèves. « On entend dire qu’un élève sur deux actuellement en BEP n’irait pas en Bac Pro. Soit il s’orientera de lui-même vers l’apprentissage ou le marché de l’emploi, soit il ne sera tout simplement pas retenu par l’établissement. Ce que l’on ne sait pas, par contre, c’est comment les élèves seront choisis. » Et le représentant du Snuipp d’ajouter : « Si jamais les demandes dépassent les capacités d’accueil, ce sera aux chefs d’établissement de trancher. »
Une mise en pratique de l’évolution vers une plus grande autonomie des établissements, voulue par le gouvernement dans le cadre de sa réforme des lycées.