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Catherine Pechin a déposé l’automne dernier malles, paniers et bonbonnes à Saint-Brés, entre Mauvezin et Fleurance, et s’est mise à espérer que le Gers lui donne la chance de vivre de sa passion. Fraîchement diplômée de l’Ecole nationale d’oséiculture et de vannerie, de Fayl Billot, en Champagne-Ardennes, Catherine Pechin a franchi le pas de la professionnalisation, après avoir des années durant fait de la vannerie en amatrice. Une manière de faire vivre un métier qui se perd.
Les vanniers se font rares. Pas seulement dans le Sud-Ouest, qui n’a jamais été une région de prédilection pour la vannerie, mais aussi dans des régions connues pour le travail de l’osier comme la Champagne-Ardenne ou la Picardie. « Il y avait beaucoup de vanneries utilitaires pour les professionnels avant l’avènement du plastique » souligne Catherine Pechin. Des familles entières vivaient de cette activité. Aujourd’hui, les coopératives se comptent sur les doigts d’une main. « Ce sont d’ailleurs plutôt des associations de vanniers. »
Un goût pour l’osier de longue date, une rencontre décisive avec un vannier bordelais, une formation validée par un diplôme dans la seule école existant aujourd’hui en France, les pas de Catherine Pechin dans la voie de la professionnalisation ont été progressifs. Elle fait aujourd’hui partie de la petite famille des vanniers professionnels, qui ne sont guère plus de 180 en France, contre 25000 au début du XXe siècle, et qui se comptent en dizaine, une seule, en Midi-Pyrénées.

Le métier demande beaucoup de patience, de savoir-faire. « Et les bases techniques doivent être importantes. » Catherine Pechin a installé son atelier dans sa maison de Saint-Brés, dans laquelle elle a emménagé à l’automne 2008 et qu’elle rénove au gré de son emploi du temps. Elle a adhéré à Gers Initiatives, ce qui lui a permis, sans trop de tracas administratifs, de vendre rapidement sur les marchés et commencer à se faire connaître. La coopérative d’activités l’a également aidée à nouer quelques contacts via son réseau gersois. « Je me rends régulièrement à Samatan le lundi matin, je vais le dimanche à Auch et de temps en temps je suis à Toulouse. » Les produits qui plaisent le plus sont les bonbonnes, les nichoirs à canard et les cages à volaille. Il faut compter 45 E pour une bonbonne, 220 E pour une malle. Catherine Pechin travaille toute sorte d’osier : le blanc, qui est écorcé, le brut, qu’il faut laisser tremper une semaine pour pouvoir le travailler, mais aussi l’osier autoclave (*) ou l’osier frais. Et elle s’adresse aussi bien aux particuliers qu’aux entreprises et collectivités à qui elle destine notamment des décorations de jardin ou de ronds-points, et des haies vivantes. L’osier vivant peut servir à stabiliser une berge, réaliser une tonnelle, créer des espaces jeux...
« Les possibilités de création sont multiples, et le sur-mesure est important dans notre métier », souligne Catherine Pechin. Le vannier peut innover, se renouveler, et ce n’est pas l’ennui qui le guette. Son sujet d’inquiétude est ailleurs. Il lui faut capter une clientèle plutôt habituée à acheter de la vannerie pas chère, issue de l’importation. L’osier en question est appelé « buff ». « Il est bouilli pour pouvoir être écorcé facilement. C’est cela qui lui donne une couleur intermédiaire, très caractéristique de ce que l’on peut trouver dans les grandes surfaces. »
L’autre difficulté des vanniers est de trouver les matériaux. « C’est de plus en plus difficile de trouver de l’osier, or un vannier qui a du rendement a besoin d’une tonne par an. » Les oséiculteurs sont parfois des agriculteurs, mais ils sont aussi et souvent vanniers eux-mêmes. « On achète les osiers par taille, de 80 cm à 2 mètres 60 et on les reçoit par botte. Il faut entre 5 et 6 kilos pour faire une botte. » L’osier blanc coûte environ 10 euros le kilo, l’osier brut 6 ou 7.
Recherche de matériaux, réception, tri des brins, trempage, temps de fabrication, marketing, vente, Catherine Pechin ne compte pas son temps. Elle essaiera néanmoins de participer cet été aux deux événements majeurs de la vannerie en France, la Foire aux Paniers d’Issigeac (Dordogne) en juillet, et la Fête de la Vannerie à Vallabrègues (Gard) en août.
(*) Osier qui a subi un traitement visant à supprimer l’humidité et assurer une plus grande longévité aux produits finis.