Lire les articles
TERRITOIRELire les articles
AGENDALire les articles
SUR LA ROUTELire les articles
PAUSELire les articles
NO COMMENTLire les articles
On lit difficilement "Là où les tigres sont chez eux" de Jean-Marie Blas de Roblès sans garder en tête les nombreuses critiques qui l’ont salué, surtout, quand un des prix les plus prestigieux s’affiche ainsi sur la couverture. Peut être que le risque est là justement, la promesse que se doit d’honorer le livre.
Le pari de ce roman repose principalement sur sa construction et sur le dépaysement qu’il est supposé apporter au lecteur : un roman à tiroir sous forme de mise en abîme temporelle et une action "exotique" dans différentes parties reculées du Brésil.

Une structure complexe donc, et qui va se mettre en place dès le début du livre avec notamment la première partie de la biographie de Athanase Kircher, jésuite de l’époque baroque, prétendument savant en bien des domaines. S’alternent ensuite, avec la régularité d’un métronome, les sous-récits rattachés à chaque personnage : les errements d’Eléazard, journaliste divorcé, l’épopée dans la jungle d’Elaine, son ex-femme, les déboires de Moéma, leur fille, ou encore la vengeance de Nelson, jeune handicapé des favelas. Chaque chapitre commençant par un extrait de la biographie du jésuite, étudiée par Eléazard.
La véritable ligne conductrice du roman repose sur le duo Eléazard - Kircher, et c’est là son seul véritable succès. Les autres pistes n’apportent rien ou très peu, et trop quand il s’agit de lieux communs et de clichés alourdissants. Le personnage de Moéma plus particulièrement qui n’a d’autre rôle que celui d’ajouter un peu de débauche à l’ensemble, peut être de peur que le roman soit jugé trop sage ?
Un roman ambitieux, auquel l’auteur prétend avoir consacré dix années de sa vie pour un résultat inégale qualitativement entre chacun des sous-récits, le style variant également. La lecture de "Là où les tigres sont chez eux" offre certes de bons moments, mais pas assez.
Saluons au passage les éditions Zulma pour la grande qualité de la mise en page et leur art du détail, la police inhabituelle est charmante quand le papier est presque charnel.
"Là où les tigres sont chez eux", Jean-Marie Blas de Roblès, édition Zulma, 780 pages, 24,50 euros.