« Bien vivre à Lannepax » en appelle
à l’Europe

par Béatrice Millésime 22 septembre 2009

L’association « Bien vivre à Lannepax » ne désarme pas. Après avoir déposé un recours administratif, en mars, suite à une décision préfectorale autorisant la Sarl MG32 à exploiter une installation de stockage de déchets inertes d’amiante, elle a écrit son mécontentement à Jean-Louis Borloo et s’apprête à saisir l’Europe.

Depuis neuf ans, en effet, la commission européenne a décidé que tous les matériaux de construction contenant de l’amiante étaient considérés comme des déchets dangereux. Or cette décision communautaire, qui concerne également les déchets d’amiante-ciment, n’a pas été transposée dans le droit français. Dans une circulaire datant du 22 février 2005, la France considère au contraire que « les supports inertes (béton...) revêtus de colle amiantée ainsi que les agrégats d’enrobé contenant de l’amiante ne sont pas des déchets dangereux (…) En conséquence, ces déchets peuvent être éliminés dans une installation de stockage pour gravats et déchets inertes du BTP, sans nécessairement les disposer dans une alvéole réservée aux déchets d’amiante lié. » Et c’est justement d’amiante lié dont il est question dans le projet mené par MG32. D’où la colère de l’association.

« L’autorisation préfectorale se base évidemment sur la réglementation française, mais aux yeux de l’Europe il faudrait que les déchets d’amiante soient stockés sur du sol et dans des parois en béton », explique Jean-Bernard Lecroix, le président de « Bien vivre à Lannepax ». « Les déchets d’amiante ont beau être agglomérés avec du ciment, il y a usure avec le temps et des fibres d’amiante vont s’échapper dans le sol. » Dangers pour les nappes, dangers pour la faune et la flore, l’étude environnementale minimise tout cela, selon l’association. Et ce n’est pas tout. « Le site doit être mis en conformité avec la loi sur l’eau et tenir compte du passage des canalisations. Or, à ce jour il n’existe aucun plan de passage des canalisations dans le département. »

L’opposition au projet de décharge crée une ambiance particulièrement tendue à Lannepax. L’incompréhension de ceux « qui n’apprécient pas que l’on conteste une décision préfectorale », comme l’indique Jean-Bernard Lecroix, le dispute parfois à l’animosité. Certaines critiques proférées, par blog interposé, contre les membres de l’association devraient d’ailleurs conduire au dépôt de plaintes en diffamation.



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