Alain Minville et le bio : une vieille histoire

par B.M 5 décembre 2008

Alain Minville est l’un des précurseurs du commerce bio dans le Gers. Après avoir créé un magasin diététique en 1987 à L’Isle-jourdain, il s’est diversifié dans le bio au début des années 90 car la demande devenait de plus en plus forte. Si la clientèle a changé, l’engouement pour le bio ne s’est pas démenti. Toute proportion gardée par rapport à d’autres magasins sous enseigne nationale, l’activité du Tournesol n’a cessé de progresser.

Le magasin Le Tournesol est installé au centre de l’Isle-Jourdain, dans un ancien studio. Ce petit magasin bénéficie depuis quelques années de l’emballement pour les productions biologiques. A l’exception des compléments alimentaires, les produits proposés sont 100 % bio. Leur origine est prioritairement française… à défaut d’être plus souvent gersoise. « J’aimerai pouvoir m’approvisionner davantage localement mais c’est très difficile. Il faudrait que les agriculteurs soient regroupés et facilement joignables. Je ne peux pas courir à droite et à gauche » Par gain de temps, Alain Minville s’approvisionne donc chez un grossiste bordelais. Ce qui ne l’empêche pas d’être très vigilant sur l’origine des produits. « Je n’accepte pas certains produits comme ceux à base de tournesol venant de Chine. Par contre, les oranges que j’ai actuellement viennent d’Espagne. C’est difficile de faire autrement. »

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Des produits d’origine gersoise autant que faire se peut.

Le Gers est quand même représenté avec le café de Pujaudran, les lentilles vertes de Lavardens. Et puis si ce n’est le Gers, c’est le Tarn-et-Garonne. La farine, notamment, provient de ce département.

Le fait de se spécialiser dans le bio a augmenté le panier moyen de sa clientèle. « Oui, les produits bio sont plus chers mais c’est normal. Ils demandent plus de main d’œuvre et le rendement peut être moindre. On peut s’y retrouver en consommant un peu moins. » Depuis vingt ans, la clientèle a changé. « Elle est moins soixante-huitarde, en quelque sorte, même si je ne mets aucune connotation péjorative dans ce terme », indique Alain Minville. « Avant, le bio était plus confidentiel. Aujourd’hui, on en parle beaucoup, la clientèle est différente. Certains clients me suivent néanmoins depuis longtemps. Nous vieillissons ensemble. »
La clientèle bio d’aujourd’hui est plus jeune. Il s’agit souvent de couples avec des enfants. « Je vois souvent des poussettes dans mon magasin. Avoir des enfants produit un déclic chez les parents. Ils veulent faire davantage attention à ce qu’ils achètent. Il faut dire que le bio apporte tellement. Les vitamines sont mieux préservées, les légumes comme les carottes par exemple sont plus nutritifs. »

Ce que regrette Alain Minville, c’est de ne pouvoir proposer davantage de produits et en particulier de fruits et légumes. « J’aimerais trouver un local plus grand mais les loyers sont très chers. » Alors, en attendant, il s’organise. « Le fait que d’autres magasins bio se sont créés me stimulent. » Des magasins, mais aussi des associations de producteurs. Une réelle émulation pour le Tournesol.